Bonnes Pratiques
Fiches techniques pédagogiques — Thème 1 : Enveloppe, isolation, étanchéité et bâti ancien
L’isolation thermique est le premier levier d’une rénovation énergétique performante. Elle réduit les transferts de chaleur à travers l’enveloppe du bâtiment et conditionne le confort, les consommations et la durabilité du bâti. Ce chapitre pose les fondamentaux : postes de déperdition, techniques d’isolation et conditions indissociables d’une mise en œuvre réussie.
À la fin de cette fiche, l’apprenant doit savoir :
- expliquer pourquoi l’isolation est le premier levier d’une rénovation énergétique ;
- localiser les principaux postes de déperdition d’un logement non isolé ;
- distinguer ITI, ITE et ITR et identifier leurs cas d’usage ;
- citer les quatre conditions indissociables d’une isolation performante.
Le geste le plus structurant
L’isolation thermique freine les échanges de chaleur entre l’intérieur et l’extérieur du bâtiment. Quatre bénéfices, classés du plus immédiat au plus long terme :
- Confort thermique. Une paroi froide « aspire » la chaleur du corps. Avec un mur à 14 °C et un air à 20 °C, la température ressentie tombe à 17 °C. Une bonne isolation supprime cet effet de paroi froide.
- Économies d’énergie. Réduction immédiate des consommations de chauffage par limitation des pertes par le toit, les murs, les fenêtres et les planchers bas.
- Valorisation du bien. Meilleure étiquette DPE, donc valeur vénale et locative supérieures.
- Durabilité du bâti. Couplée à une ventilation efficace, l’isolation limite condensation et dégradations.
Répartition des déperditions
Sur une maison individuelle non isolée d’avant 1974, les déperditions se répartissent ainsi :
| Poste | Part des déperditions |
|---|---|
| Toiture | 25 à 30 % |
| Murs | 20 à 25 % |
| Air renouvelé et fuites | 20 à 25 % |
| Fenêtres | 10 à 15 % |
| Planchers bas | 7 à 10 % |
| Ponts thermiques | 5 à 10 % |
Source : ADEME, Isoler sa maison, 2020.
Façade d’une maison ancienne photographieée en infrarouge. Les zones jaune-rouge (rez-de-chaussée, fenêtres, soubassement) révèlent les principales fuites de chaleur. Les zones bleues (étage, toiture) indiquent une meilleure isolation ou des pièces non chauffées. Les fuites autour des encadrements de fenêtres et aux jonctions mur/plancher correspondent à des ponts thermiques. Échelle : 8,9 à 13,0 °C.
Isolation thermique par l’intérieur (ITI)
L’isolant est posé côté chauffé, derrière un parement (placo, lambris).
Avantages : coût modéré, façade préservée, réalisable appartement par appartement.
Limites : réduction de la surface habitable, traitement des ponts thermiques plus délicat, nécessité fréquente d’un pare-vapeur ou frein-vapeur côté chaud.
Source : ProReno, Guide de pose du pare-vapeur dans le cadre des travaux d’isolation
Isolation thermique par l’extérieur (ITE)
L’isolant enveloppe les murs par l’extérieur, sous enduit ou bardage.
Avantages : traitement très efficace des ponts thermiques, conservation de l’inertie intérieure, pas de perte de surface habitable, ravalement intégré.
Limites : coût plus élevé, modification de l’aspect extérieur (autorisation d’urbanisme), incompatible avec certains bâtis patrimoniaux.
Isolation thermique répartie (ITR)
L’isolation est intégrée à la structure même du mur : monomur terre cuite, béton cellulaire, ossature bois isolée. Surtout pertinente en construction neuve.
1. Une ventilation efficace
L’air intérieur contient en permanence de la vapeur d’eau émise par les occupants et leurs activités. Plus on isole, plus on rend le bâtiment étanche. Sans ventilation adaptée, l’humidité s’accumule et provoque moisissures, dégradation des isolants et qualité d’air dégradée.
2. Pas de condensation dans les parois
La vapeur d’eau qui traverse une paroi peut s’y condenser et dégrader l’isolant. Il faut choisir un isolant compatible avec la perméance de la paroi existante, prévoir si nécessaire un pare-vapeur ou frein-vapeur hygrovariable côté chaud, et ne jamais isoler une paroi présentant des signes d’humidité avant diagnostic.
3. Zéro pont thermique
Les ponts thermiques peuvent représenter jusqu’à 10 % des déperditions et sont des foyers de condensation. L’ITE les traite naturellement. En ITI, leur traitement nécessite une attention particulière : rupteurs, retours d’isolant aux jonctions.
4. Une étanchéité à l’air maîtrisée
Les infiltrations d’air parasite ruinent la performance théorique de l’isolant. À soigner : jonctions, calicots, scotchs spécifiques, traversées de gaines, boîtiers électriques. Un test d’infiltrométrie (porte soufflante) permet de vérifier le résultat.
- L’isolation est le levier prioritaire de la rénovation énergétique : confort, économies, valorisation du bien, durabilité du bâti.
- Ordre habituel des priorités : toiture > murs > planchers > menuiseries.
- Trois techniques principales : ITI (par l’intérieur), ITE (par l’extérieur), ITR (répartie). L’ITE traite naturellement les ponts thermiques mais coûte plus cher.
- Une isolation seule ne suffit pas : elle doit être couplée à une ventilation efficace, une gestion de l’humidité, un traitement des ponts thermiques et une étanchéité à l’air.
- Toujours travailler avec des professionnels RGE et déposer les demandes d’aides avant signature des devis.
- Isolation thermique
- Ensemble des techniques limitant les transferts de chaleur à travers l’enveloppe d’un bâtiment.
- ITI
- Isolation thermique par l’intérieur. Isolant posé côté chauffé, derrière un parement.
- ITE
- Isolation thermique par l’extérieur. Isolant posé sur la face externe des murs, sous enduit ou bardage.
- ITR
- Isolation thermique répartie. Isolation intégrée à la structure porteuse (monomur, ossature bois).
- Pont thermique
- Zone de faiblesse de l’enveloppe où la résistance thermique chute (jonctions, refends, encadrements).
- Pare-vapeur / frein-vapeur
- Membrane côté chaud limitant la diffusion de vapeur d’eau vers l’isolant. Le frein-vapeur hygrovariable module sa perméabilité selon la saison.
- Infiltrométrie
- Test de mesure de l’étanchéité à l’air d’un bâtiment, réalisé avec une porte soufflante.
- DPE
- Diagnostic de performance énergétique. Étiquette énergie (A à G) obligatoire lors de la vente ou la location.
- ADEME, Isoler sa maison, octobre 2020
- ADEME, Guide des matériaux isolants
- ADEME, Confort d’été et isolation
- ALEC, fiches conseils rénovation
- ProReno, Guide de pose du pare-vapeur dans le cadre des travaux d’isolation
On classe les isolants thermiques en trois grandes familles — biosourcés, minéraux, synthétiques — dont les logiques de fabrication, les propriétés physiques et les domaines d’emploi diffèrent nettement. Ce chapitre décrit chaque famille, pose les indicateurs techniques indispensables et fournit les règles de choix en fonction de la paroi, du bâti et des certifications à exiger.
À la fin de cette fiche, l’apprenant doit savoir :
- distinguer les trois grandes familles d’isolants et leurs logiques ;
- lire les caractéristiques techniques clés : λ, ρ, Cp, μ/Sd, énergie grise, réaction au feu ;
- choisir le bon isolant selon la paroi et le type de bâti (ancien ou récent) ;
- repérer les certifications et marquages à exiger.
Les biosourcés
Issus de matières végétales ou animales : ouate de cellulose, fibres de bois, laines de chanvre, lin, coton recyclé, mouton, liège expansé, béton de chanvre, bottes de paille. Leur atout majeur est un bon comportement hygrothermique — ils régulent naturellement l’humidité — couplé à une forte capacité thermique massique qui leur confère une inertie et un déphasage élevés. Leur énergie grise est la plus faible des trois familles (jusqu’à 0,1 kWh/kg pour la botte de paille). En contrepartie, le coût matière reste généralement supérieur à celui des minéraux et la mise en œuvre exige souvent un savoir-faire spécifique.
Les biosourcés se présentent sous de nombreuses formes : panneaux semi-rigides (fibres de bois), rouleaux (laine de chanvre), vrac soufflé (ouate de cellulose) ou mélangés à un liant hydraulique (béton de chanvre). Chaque forme correspond à des applications précises.
Les minéraux
Laine de verre, laine de roche, verre cellulaire, perlite, vermiculite, argile expansée. Ces isolants offrent un coût compétitif, une large diffusion commerciale et une mise en œuvre maîtrisée par la majorité des artisans. Leur comportement au feu est excellent (souvent classement A1 ou A2). En revanche, leur comportement hygroscopique est limité, surtout lorsqu’ils sont surfacés kraft, ce qui les rend peu adaptés au bâti ancien à fort enjeu de migration de vapeur. Leur énergie grise se situe entre 7 à 10 kWh/kg.
La laine de verre reste l’isolant le plus posé en France, grâce à un rapport performance/prix favorable et une chaîne d’approvisionnement très développée.
Les synthétiques
Polystyrène expansé (PSE), polystyrène extrudé (XPS), polyuréthane (PUR/PIR). Leur conductivité thermique est la plus faible du marché (jusqu’à 0,022 W/(m·K) pour le PUR), ce qui permet des épaisseurs réduites. Leur résistance à la compression et à l’humidité les rend indispensables sous chape, en soubassement ou en toiture-terrasse. Mais leur énergie grise est très élevée (25 à 85 kWh/kg), leur comportement hygroscopique est inadapté au bâti ancien et leur réaction au feu est généralement classée E ou F.
Les panneaux synthétiques sont privilégiés là où la compacité et la résistance mécanique sont prioritaires : isolation sous chape, soubassements enterrés, toitures-terrasses.
Trois grandeurs résument la performance thermique d’une paroi. Elles sont détaillées dans la fiche T1-C3 ; le tableau ci-dessous en donne la synthèse.
| Grandeur | Caractérise | Formule | Unité | Sens « mieux c’est » |
|---|---|---|---|---|
| λ (lambda) | Le matériau seul | — | W/(m·K) | plus petit → plus isolant |
| R | Une couche posée | R = e / λ | m²·K/W | plus grand → plus isolant |
| U | La paroi complète | U = 1 / R | W/(m²·K) | plus petit → plus performant |
Capacité thermique massique Cp
Quantité de chaleur à fournir à 1 kg de matériau pour élever sa température de 1 °C (J/(kg·K)). Couplée à la masse volumique ρ, elle conditionne l’inertie thermique et le déphasage. Les biosourcés affichent des Cp de 1 500 à 2 100 J/(kg·K), contre 800 à 1 000 pour les minéraux.
Coefficient μ et épaisseur Sd
μ mesure la résistance à la diffusion de vapeur d’eau (sans unité). Sd = μ × e (en m) traduit cette résistance pour l’épaisseur réelle posée. C’est l’indicateur opérationnel pour vérifier la compatibilité d’un isolant avec une paroi ancienne perspirante.
Perméabilité à la vapeur d’eau : migration de la vapeur à travers les couches d’une paroi.
Capillarité : l’eau liquide remonte dans les pores fins du matériau sous l’effet de la tension superficielle.
Un matériau perspirant (μ faible) laisse migrer la vapeur d’eau sans la bloquer, évitant ainsi la condensation interstitielle. La capillarité complète ce mécanisme : elle permet au matériau de redistribuer l’eau liquide par ses pores, puis de la restituer à l’air ambiant par évaporation. Ces deux propriétés sont déterminantes pour le choix d’un isolant en bâti ancien.
Source : Mairie de Tramayes, Isolation et humidité — tramayes.com
Énergie grise
Énergie consommée sur tout le cycle de vie (extraction, fabrication, transport, mise en œuvre, fin de vie), exprimée en kWh/kg. Indicateur environnemental, pas thermique. L’écart entre familles est considérable : de 0,1 kWh/kg (paille) à 85 kWh/kg (XPS).
Unité : kgCO₂ eq/UF (1 UF = 1 m² d’isolant à R = 5 m²·K/W).
Le soufflage mécanisé permet de couvrir rapidement de grandes surfaces sans pont thermique, y compris dans les recoins difficiles d’accès. En rampants, les panneaux semi-rigides (fibres de bois, laines biosourcées) sont maintenus entre chevrons puis recouverts d’un parement.
Cinq éléments à exiger systématiquement sur les fiches produits :
- Marquage CE — exigence européenne minimale, déclaration de performance harmonisée.
- Certificat ACERMI — performances vérifiées par tierce partie indépendante.
- Avis Technique (ATec) ou DTA — pour les applications non couvertes par les normes harmonisées.
- Réaction au feu — classement selon NF EN 13501-1 (A1 à F).
- Label biosourcé bâtiment — pour les matériaux d’origine végétale ou animale.
La résistance au feu mesure le temps durant lequel un élément conserve ses propriétés physiques et mécaniques et limite la propagation du feu. La réaction au feu caractérise le comportement du matériau en tant qu’aliment du feu.
| Euroclasse | Réaction au feu |
|---|---|
| A1, A2 | Aucune contribution au feu (incombustible) |
| B | Contribution au feu très limitée |
| C | Contribution au feu limitée |
| D | Contribution au feu acceptable |
| E | Réaction au feu acceptable |
| F | Aucune performance déterminée |
Chaque euroclasse est complétée par deux critères additionnels :
| Critère | Niveau | Signification |
|---|---|---|
| Gouttelettes et débris enflammés | d0 | Aucun débris |
| d1 | Débris dont l’enflammement ne dure pas plus de 10 s | |
| d2 | Ni d0 ni d1 | |
| Opacité des fumées | s1 | Faible quantité / vitesse |
| s2 | Moyenne quantité / vitesse | |
| s3 | Haute quantité / vitesse |
Pour un même isolant, la classe peut varier de A à F selon la formulation et les adjuvants. Les biosourcés (chanvre, bois, paille) peuvent atteindre des classements très acceptables, contrairement aux idées reçues.
Les points essentiels du chapitre
- Trois familles d’isolants : biosourcés (hygrothermie + inertie), minéraux (rapport performance/coût), synthétiques (compacts mais énergie grise élevée).
- λ caractérise le matériau, R la couche posée, U la paroi.
- Pour le bâti ancien, n’utiliser que des isolants perspirants (μ faible) et capillaires — jamais de synthétiques ni de minéraux sous kraft.
- Toujours respecter la règle du Sd dégressif de l’intérieur vers l’extérieur.
- Exiger le certificat ACERMI et vérifier la conformité aux R minimaux réglementaires.
- λ (lambda)
- Conductivité thermique d’un matériau, en W/(m·K).
- R
- Résistance thermique d’une couche isolée : R = e / λ, en m²·K/W.
- U
- Coefficient de transmission thermique d’une paroi : U = 1 / R, en W/(m²·K).
- Cp
- Capacité thermique massique, en J/(kg·K). Conditionne l’inertie.
- μ
- Coefficient de résistance à la diffusion de vapeur d’eau (sans unité).
- Sd
- Épaisseur de lame d’air équivalente : Sd = μ × e (m).
- ACERMI
- Certification française des performances déclarées des isolants.
- Énergie grise
- Énergie consommée sur le cycle de vie complet du matériau (kWh/kg).
Trois lettres résument l’essentiel de la performance thermique d’une paroi : λ pour le matériau, R pour la couche posée, U pour la paroi complète. Les maîtriser, c’est pouvoir lire une fiche technique, vérifier un devis, comparer des solutions et contrôler les seuils d’éligibilité aux aides — sans dépendre d’un logiciel.
À la fin de cette fiche, l’apprenant doit savoir :
- maîtriser les unités et les significations de λ, R et U ;
- savoir calculer R et U pour une paroi multicouche ;
- connaître les valeurs cibles réglementaires et les seuils d’éligibilité aux aides ;
- éviter les pièges fréquents de lecture des fiches techniques.
La conductivité λ est une propriété intrinsèque du matériau. En multipliant par l’épaisseur posée, on obtient la résistance R de la couche. En inversant R (après addition des couches et des résistances superficielles), on obtient U, l’indicateur opérationnel de la paroi.
C’est une propriété intrinsèque du matériau. Elle ne dépend ni de l’épaisseur, ni de la surface. Plus λ est faible, plus le matériau freine le passage de la chaleur. Un acier conduit la chaleur 2 000 fois mieux qu’un polyuréthane — c’est pourquoi les fixations métalliques traversantes (vis, équerres, rails) créent des ponts thermiques ponctuels qu’il faut systématiquement traiter.
En ITE, l’isolant est collé et/ou chevilllé sur la paroi existante. Le choix du λ conditionne directement l’épaisseur nécessaire pour atteindre la R cible : à R égale, un panneau à λ = 0,022 sera 40 % moins épais qu’un panneau à λ = 0,038.
La résistance thermique « R » est le critère qui définit la performance d’un produit isolant vendu dans le commerce. Elle dépend de la conductivité thermique du matériau « λ » et de son épaisseur « e ».
R : résistance thermique (m²·K·W−1)
e : épaisseur de la paroi (m)
λ : conductivité thermique du matériau (W·m−1·K−1)
Plus l’épaisseur augmente ou plus le λ diminue, plus R est élevé — et meilleure est l’isolation.
R d’une paroi multicouche
| Configuration | Rsi (m²·K/W) | Rse (m²·K/W) |
|---|---|---|
| Paroi verticale (mur) | 0,13 | 0,04 |
| Flux ascendant (toiture) | 0,10 | 0,04 |
| Flux descendant (plancher bas) | 0,17 | 0,04 |
| Poste isolé | R min. aides (CEE / MPR) | R cible BBC |
|---|---|---|
| Combles perdus | ≥ 7,0 m²·K/W | 8 – 10 |
| Rampants de toiture | ≥ 6,0 m²·K/W | 6 – 8 |
| Murs (ITE ou ITI) | ≥ 3,7 m²·K/W | 4 – 5 |
| Planchers bas | ≥ 3,0 m²·K/W | 3 – 4 |
| Toiture-terrasse | ≥ 4,5 m²·K/W | 5 – 6 |
C’est l’indicateur opérationnel pour comparer des parois ou composants déjà constitués. Contrairement à R, un U faible est une bonne performance.
| Composant | U typique | Cible RE2020 / BBC |
|---|---|---|
| Mur ITE 14 cm fibre de bois | ≈ 0,25 | < 0,25 |
| Toiture isolée 30 cm | ≈ 0,12 | < 0,15 |
| Plancher bas 12 cm PUR | ≈ 0,20 | < 0,25 |
| Fenêtre double vitrage (Uw) | 1,3 – 1,5 | ≤ 1,3 |
| Fenêtre triple vitrage (Uw) | 0,8 – 1,1 | — |
| Porte isolée | 1,0 – 1,4 | ≤ 1,4 |
L’ITE sous bardage ventilé repose sur un principe différent de l’enduit : l’isolant est fixé mécaniquement au mur porteur par des chevilles étoiles, puis protégé par un parement rapporté (bois, fibres-ciment, HPL, métal, terre cuite) monté sur une ossature primaire métallique ou bois. Entre l’isolant et le parement, une lame d’air ventilée de 2 cm minimum assure l’évacuation de l’humidité et protège la paroi du ruissellement.
Ce procédé convient particulièrement aux rénovations lourdes et aux façades exposées (pluie battante, zone littorale). Il autorise des épaisseurs d’isolant importantes (jusqu’à 200 mm et plus) sans contrainte d’accrochage d’enduit, et offre une grande liberté esthétique grâce à la variété des parements disponibles.
Au-delà de R ≈ 10, le gain marginal chute
Passer de R = 5 à R = 10 divise par deux les déperditions. Passer de R = 10 à R = 15 ne les réduit que d’un tiers supplémentaire. Au-delà d’un certain seuil, il est plus rentable d’investir sur une autre paroi non isolée ou sur le traitement des ponts thermiques.
Le pont thermique n’apparaît pas dans le U courant
Le coefficient ψ (psi, en W/(m·K)) traduit les déperditions linéiques aux jonctions. Un mur à U = 0,20 avec un nez de plancher non traité peut perdre autant qu’un mur à U = 0,30.
Le traitement du nez de plancher par un retour d’isolant de 30 cm minimum est l’une des mesures les plus rentables pour réduire les déperditions linéiques en ITE.
Données : mur en parpaing 20 cm + ITI 100 mm de laine minérale (λ = 0,032).
- Parpaing 20 cm : R ≈ 0,23 m²·K/W
- Laine minérale 100 mm : R = 0,10 / 0,032 ≈ 3,13 m²·K/W
- Rsi + Rse = 0,13 + 0,04 = 0,17 m²·K/W
Uparoi = 1 / 3,53 ≈ 0,28 W/(m²·K)
Paroi conforme au seuil U < 0,30 souvent retenu en BBC, mais non éligible au CEE qui exige R ≥ 3,7 sur l’isolant. Il faut passer à 120 mm minimum.
En toiture-terrasse, l’isolation peut être conventionnelle (sous étanchéité) ou inversée (au-dessus). L’isolation inversée nécessite un isolant insensible à l’eau (XPS), ce qui impose un λ plus élevé — d’où une épaisseur supérieure pour atteindre la même R cible.
Les points essentiels du chapitre
- λ → matériau, R → couche, U → paroi. Trois échelles de lecture complémentaires.
- R = e / λ et U = 1 / R. Toujours additionner Rsi et Rse pour une paroi complète.
- Les seuils R ≥ 7 / 6 / 3,7 / 3,0 structurent l’éligibilité aux aides (combles, rampants, murs, planchers).
- La performance d’un isolant chute en présence d’humidité : le λ utile peut dépasser de 30 à 50 % le λ déclaré.
- Penser ponts thermiques (ψ) : un mur isolé avec un nez de plancher non traité peut ruiner la performance globale.
- λ (lambda)
- Conductivité thermique d’un matériau, en W/(m·K).
- R
- Résistance thermique d’une couche : R = e / λ, en m²·K/W.
- U
- Coefficient de transmission surfacique : U = 1 / R, en W/(m²·K).
- Rsi / Rse
- Résistances superficielles intérieure et extérieure (conventions normatives).
- ψ (psi)
- Déperdition linéique au droit d’un pont thermique, en W/(m·K).
- Uw
- Coefficient de transmission d’une fenêtre complète (vitrage + menuiserie).
- λD / λutile
- Conductivité déclarée (labo) vs conductivité en conditions réelles.
L’isolation d’une paroi ne vaut que si l’enveloppe est étanche à l’air. Chaque fuite parasite court-circuite l’isolant, génère de l’inconfort et peut provoquer des condensations destructrices. Ce chapitre pose les bases : distinguer air et vapeur, comprendre l’indicateur Q4Pa-surf, repérer les points de fuite, choisir les bons produits et maîtriser le test d’infiltrométrie.
À la fin de cette fiche, l’apprenant doit savoir :
- comprendre pourquoi l’étanchéité à l’air est devenue un poste critique ;
- distinguer étanchéité à l’air et étanchéité à la vapeur d’eau ;
- connaître les valeurs réglementaires et l’unité Q4Pa-surf ;
- identifier les points singuliers à traiter et les produits associés ;
- comprendre le principe du test d’infiltrométrie (porte soufflante).
L’étanchéité à l’air désigne la capacité de l’enveloppe à empêcher les flux d’air non maîtrisés à travers les parois, les jonctions et les traverses de gaines. Elle n’empêche pas la vapeur d’eau de migrer — c’est le rôle du frein-vapeur.
Air et vapeur : deux problèmes distincts
Le transfert d’air est un mouvement de masse provoqué par une différence de pression (vent, tirage thermique, VMC). Le transfert de vapeur est une diffusion moléculaire provoquée par un écart de pression partielle de vapeur. Les deux phénomènes se traitent avec des produits différents : membrane d’étanchéité à l’air d’un côté, frein-vapeur ou pare-vapeur de l’autre. Certains produits cumulent les deux fonctions (frein-vapeur hygrovariable).
Cette fiche récapitule les enjeux, les points singuliers et les solutions produits pour les artisans et conducteurs de travaux.
Trois raisons cumulatives expliquent que l’étanchéité à l’air soit passée du statut d’option à celui d’obligation réglementaire.
Surconsommation énergétique
Une fuite d’air froid traversant l’isolant annule localement sa résistance thermique. L’air parasite crée un court-circuit thermique dont l’effet peut dépasser celui d’un pont thermique classique. Sur une maison BBC, le passage de 0,6 à 1 m³/(h·m²) représente à lui seul environ 13 % de hausse de la facture de chauffage.
Inconfort
Courants d’air froid le long des plinthes, sensation de paroi qui « tire », zones froides localisées. Ces symptômes sont souvent attribués à un défaut d’isolation alors qu’ils viennent d’un défaut d’étanchéité.
Pathologies
L’air chaud et humide intérieur qui s’infiltre dans une paroi froide y condense. Résultat : moisissures, dégradation de l’isolant, perte de performance dans la durée. C’est le mécanisme principal de pathologie dans les bâtiments isolés par l’intérieur.
La jonction dormant / maçonnerie est l’un des points de fuite les plus fréquents. Un joint précomprimé mal posé ou absent laisse passer un débit d’air significatif, annulant localement le bénéfice de la menuiserie performante.
Le Q4Pa-surf est l’indicateur de référence en France depuis la RT2012. Il mesure le débit de fuite à basse pression (4 Pa), condition représentative de l’exposition réelle au vent et au tirage thermique. Plus la valeur est basse, plus l’enveloppe est performante.
Le logiciel de l’appareil calcule automatiquement le Q4Pa-surf à partir des débits mesurés à différentes pressions (typiquement 10 à 80 Pa) et de la surface déperditive du bâtiment saisie au préalable.
Une enveloppe fuit rarement « partout ». Elle fuit à des endroits prévisibles, qui correspondent aux jonctions entre corps d’état et aux traversées de l’enveloppe.
- Menuiseries : jonctions dormant / maçonnerie, calfeutrement périphérique
- Trappes d’accès combles, vide sanitaire
- Coffres de volets roulants
- Boîtiers électriques sur murs extérieurs (interrupteurs, prises)
- Traversées de gaines (eau, électricité, ventilation, hotte)
- Jonctions plancher / mur, mur / toiture, mur / refend
- Cheminées, conduits d’évacuation
- Trappes de visite plomberie, regard
La jonction mur / toiture cumule les difficultés : changement de plan, présence de la charpentre, passage des suspentes. C’est un point où la continuité de la membrane d’étanchéité doit être particulièrement soignée.
Une membrane d’étanchéité continue
Le principe le plus efficace consiste à entourer le volume chauffé d’un frein-vapeur posé côté intérieur, sans interruption. Toute percée (passage de gaine, boîtier électrique) doit être traitée avec un produit dédié.
Pour ne pas percer la membrane lors du passage des gaines électriques et de la plomberie, la bonne pratique consiste à créer un vide technique entre la membrane et le parement intérieur (contre-cloison sur ossature métallique ou tasseaux).
L’adhésif périphérique assure la continuité entre la membrane d’étanchéité et le support maçonné autour des menuiseries. Il doit être certifié compatible par le fabricant de la membrane.
Les produits annexes
| Élément à traiter | Produit type |
|---|---|
| Raccord membrane / membrane | Adhésif spécifique |
| Raccord membrane / maçonnerie | Adhésif + colle de mastic |
| Traversée de gaine | Manchette d’étanchéité |
| Traversée groupée de fourreaux | Manchette + bouchon intérieur câble |
| Liaison menuiserie / maçonnerie | Joint précomprimé, adhésif périphérique |
| Boîtier électrique sur mur extérieur | Boîtier étanche dédié |
| Passage de poutre traversante | Manchette adaptée + mastic |
Chaque traversée de gaine (eau, électricité, ventilation) doit être traitée individuellement avec un manchon ou œillet adapté au diamètre. Les traversées groupées nécessitent un système spécifique de manchette multi-passages.
Le test d’infiltrométrie est la seule méthode reconnue pour mesurer objectivement la perméabilité à l’air d’une enveloppe. Il est réalisé par un opérateur certifié Qualibat RGE 8711.
Déroulement type
- Préparation : fermeture des entrées d’air, obturation des bouches de VMC, fenêtres et portes fermées, siphons en eau.
- Mesure : montée en dépression progressive (typiquement de 10 à 80 Pa), enregistrement du débit.
- Calcul du débit normalisé à 4 Pa par régression.
- Recherche des fuites : caméra thermique, fumigène, anémomètre à fil chaud.
- Rapport signé par un opérateur certifié Qualibat 8711.
Le cadre ajustable se pose dans l’embrasure de la porte d’entrée. Le ventilateur crée une dépression contrôlée ; le logiciel calcule le débit de fuite à chaque palier de pression.
Pendant le test en dépression, on libère un fumigène à l’extérieur. La fumée est aspirée par les fuites et permet de les localiser visuellement, même les plus fines.
Quand le test est-il obligatoire ?
- RT2012 / RE2020 : test obligatoire en réception pour les maisons individuelles neuves depuis le 1er janvier 2013.
- Logement collectif neuf : test sur échantillon ou démarche qualité reconnue.
- Rénovation BBC ou label : généralement exigé en fin de travaux.
- Définir l’étanchéité dès la conception : tracer le « trait rouge » du volume étanche sur les plans.
- Désigner un référent étanchéité sur le chantier (souvent le menuisier ou le plaquiste).
- Test intermédiaire dès la pose de la membrane, avant cloisonnement, pour pouvoir corriger à moindre coût.
- Coordination des corps d’état : électricien, plombier et chauffagiste doivent connaître la membrane et la respecter.
- Photos des points singuliers traités, conservées dans le DOE (dossier des ouvrages exécutés).
Le test intermédiaire (avant cloisonnement) est la meilleure assurance qualité : il permet de détecter et corriger les fuites tant que la membrane est encore accessible.
Les points essentiels du chapitre
- L’étanchéité à l’air est indispensable pour que l’isolation tienne ses promesses : sans elle, on perd jusqu’à 13 % de consommation de chauffage.
- Indicateur de référence : Q4Pa-surf, exprimé en m³/(h·m²), seuil ≤ 0,6 en maison individuelle neuve.
- Les fuites se concentrent sur un nombre limité de points singuliers : les anticiper dès la conception et les traiter avec des produits certifiés.
- Le test d’infiltrométrie (porte soufflante) est obligatoire en neuf depuis 2013 ; il doit être réalisé par un opérateur Qualibat 8711.
- Étanche à l’air ≠ étanche à la vapeur : utiliser un frein-vapeur hygrovariable pour cumuler les deux fonctions.
- Q4Pa-surf
- Débit de fuite à 4 Pa ramené à la surface déperditive hors plancher bas (m³/(h·m²)).
- Frein-vapeur
- Membrane limitant le passage de la vapeur d’eau ; sa version hygrovariable adapte sa perméabilité au taux d’humidité.
- Pare-vapeur
- Membrane totalement étanche à la vapeur (Sd ≥ 18 m), utilisée en climat froid ou derrière isolant sensible.
- Infiltrométrie
- Mesure de la perméabilité à l’air de l’enveloppe par test à la porte soufflante (NF EN ISO 9972).
- Porte soufflante
- Dispositif ventilateur + cadre + toile installé dans l’embrasure d’une porte pour créer une dépression / surpression contrôlée.
- Joint précomprimé
- Bande mousse imprégnée qui gonfle après pose pour combler le jeu entre dormant et maçonnerie.
- Qualibat 8711
- Qualification professionnelle des opérateurs de mesure de perméabilité à l’air.
Isolation et gestion de l'humidité
- comprendre les mécanismes de transfert d'humidité dans une paroi
- distinguer vapeur d'eau, eau liquide, remontées capillaires
- savoir lire les indicateurs μ et Sd
- connaître les règles de pose d'un pare-vapeur ou frein-vapeur
- éviter les pathologies classiques
Quantité de vapeur d'eau présente dans l'air, exprimée en humidité relative (HR, en %) ou absolue (en g d'eau / m³ d'air). Pour le confort : HR comprise entre 40 et 60 %.
L'eau circule dans une paroi sous trois formes, avec trois physiques différentes.
La vapeur d'eau
Migre par diffusion sous l'effet d'un écart de pression de vapeur entre intérieur et extérieur. En hiver, l'air intérieur chaud et humide pousse la vapeur vers l'extérieur froid et sec.
L'eau liquide
- Pluie battante sur les façades exposées
- Remontées capillaires depuis le sol par les soubassements
- Fuites ponctuelles (toiture, plomberie)
La condensation
Quand la vapeur rencontre une surface dont la température est inférieure au point de rosée, elle se transforme en eau liquide. C'est ce phénomène qui dégrade les isolants à l'intérieur des parois.
- Respiration et transpiration d'une personne : 40 à 70 g d'eau / heure
- Une douche chaude : 200 g d'eau / heure
- Une casserole en ébullition : 400 g d'eau / heure
- Plantes vertes, séchage du linge, lave-linge ouvert : 100 à 500 g/jour
Au total : un foyer de 4 personnes émet typiquement 10 à 15 L d'eau par jour sous forme de vapeur.
Sans ventilation efficace, cette eau ne peut s'évacuer que par les parois — c'est la cause n°1 des moisissures et des isolants dégradés.

Coefficient μ (mu)
Sans unité. Compare la résistance d'un matériau à celle d'une lame d'air immobile (μ_air = 1). Plus μ est élevé, plus le matériau freine le passage de la vapeur.

| Matériau | μ |
|---|---|
| Air immobile (référence) | 1 |
| Botte de paille, laines biosourcées | 1 – 3 |
| Ouate de cellulose | 2 |
| Fibres de bois denses | 3 – 5 |
| Béton de chanvre | 5 – 8 |
| Liège expansé | 5 – 30 |
| Polystyrène expansé (PSE) | 20 – 100 |
| Polystyrène extrudé / polyuréthane | 80 – 200 |
| Verre cellulaire (panneau) | ∞ (étanche total) |
Épaisseur de lame d'air équivalente Sd



Sd = μ × e, où e est l'épaisseur en mètres. S'exprime en mètres et représente l'épaisseur de lame d'air immobile qui aurait la même résistance à la vapeur que la couche considérée. Plus pratique que μ car il intègre l'épaisseur mise en œuvre.
Exemple : 1 cm d'un matériau de μ = 10 oppose à la vapeur la même résistance que 10 cm d'air immobile.
Dans une paroi, le Sd doit décroître de l'intérieur (chauffé) vers l'extérieur (froid). Règle pratique : Sd intérieur ≥ 5 × Sd extérieur.
Pourquoi ? La vapeur entrée dans la paroi doit pouvoir sortir plus vite qu'elle n'est entrée. Sinon elle s'accumule et condense.
Doubler une isolation par l'intérieur d'un mur ancien d'un pare-vapeur côté froid ou d'un enduit ciment côté extérieur. La vapeur est piégée, le mur se gorge d'eau, l'isolant pourrit.

- Pare-vapeur : membrane à Sd élevé (typ. 18 m), bloque presque toute la vapeur.
- Frein-vapeur : membrane à Sd intermédiaire (2 à 10 m), laisse migrer une part contrôlée.
- Frein-vapeur hygrovariable : Sd qui varie selon l'humidité ambiante. Étanche en hiver (Sd ≈ 5 m), ouvert en été (Sd ≈ 0,5 m). Permet à la paroi de sécher dans les deux sens.
Quand utiliser quoi ?
| Situation | Recommandation |
|---|---|
| Construction neuve, ossature bois | Pare-vapeur ou frein-vapeur hygrovariable, côté chaud |
| Combles aménagés en zone très froide (T_base < 15 °C) | Pare-vapeur côté chaud |
| Combles perdus (plancher béton) | Pas de pare-vapeur indispensable |
| Bâti ancien à ITI | Frein-vapeur hygrovariable obligatoire ; pare-vapeur interdit |
| Toiture-terrasse chaude | Pare-vapeur côté chaud (sous l'isolant) |
Le pare-vapeur (ou frein-vapeur) se pose toujours côté chaud, c'est-à-dire entre le volume habitable et l'isolant.

Avant 1948, les constructions sont perspirantes : la paroi régule l'humidité par évaporation. Les bloquer crée plus de problèmes qu'elles n'en résolvent.
4 préconisations ADEME pour le bâti ancien
1. Privilégier l'ITE à l'ITI (cf. T1-C7) 2. Utiliser des matériaux capillaires et perméables à la vapeur 3. Limiter l'exposition aux pluies (débord de toiture, bardage) et aux remontées capillaires (drainage) 4. Si ITI nécessaire : épaisseur ≤ 10–12 cm d'isolant
→ Voir fiche T1-C7 — Rénovation du bâti ancien.
| Pathologie | Cause hygrométrique typique |
|---|---|
| Moisissures dans les angles de pièces | Pont thermique + ventilation insuffisante |
| Décollement de papier peint sur mur extérieur | Condensation superficielle |
| Isolant tassé / noirci dans une cloison | Condensation interstitielle |
| Cloques sur enduit extérieur | Vapeur piégée par enduit ciment sur mur perspirant |
| Salpêtre en pied de mur | Remontées capillaires |
| Plancher bois qui gondole | Excès d'humidité dans le vide sanitaire |
Ne jamais isoler une paroi présentant des traces d'humidité sans diagnostic préalable. Identifier la source (capillarité, infiltration, condensation, fuite) avant tout.
Outils du diagnostic
- humidimètre à pointes (mesure ponctuelle)
- caméra thermique (visualise les ponts thermiques et zones humides)
- mesures HR / température sur plusieurs jours
- inspection visuelle des pieds de mur, des soubassements, des chéneaux
Mesures correctives
- Drainage périphérique du bâtiment
- Suppression des revêtements étanches (dalle ciment, goudron) en pied de mur
- Décroûtage d'un enduit ciment sur mur ancien, remplacement par un enduit chaux
- Ventilation : installation ou remise en service d'une VMC
- Pour les remontées capillaires sévères : arase étanche ou drainage chimique
- Trois formes d'eau, trois mécanismes : vapeur (diffusion), liquide (capillarité, pluie), condensation.
- Indicateur opérationnel : Sd = μ × e, qui doit être dégressif intérieur → extérieur.
- Le pare-vapeur se pose toujours côté chaud.
- En bâti ancien, frein-vapeur hygrovariable obligatoire, jamais de pare-vapeur ni d'enduit ciment.
- Diagnostic avant travaux : ne jamais isoler une paroi humide.
- Une bonne isolation ne se conçoit qu'avec une ventilation efficace.
- T1-C2 — Les familles de matériaux isolants
- T1-C4 — Étanchéité à l'air et infiltrométrie
- T1-C7 — Rénovation du bâti ancien
- T2-C1 — Pourquoi ventiler ?
- ADEME, Guide des matériaux isolants
- ADEME, Isoler sa maison, 2020
- Étude Hygroba — CETE de l'Est, Réhabilitation hygrothermique des parois anciennes
- Norme NF EN ISO 13788 — Performance hygrothermique des composants
Confort d'été et isolation
- comprendre pourquoi une bonne isolation d'hiver ne suffit pas à garantir le confort d'été
- maîtriser les notions d'inertie, de déphasage et d'amortissement
- connaître les leviers passifs (protection solaire, ventilation nocturne, végétalisation)
- savoir lire les indicateurs DH et Tic de la RE2020
Les épisodes caniculaires se multiplient : la France a connu 33 vagues de chaleur depuis 2000, contre 14 sur les 50 années précédentes (Météo-France).
Les bâtiments très isolés et étanches conçus pour l'hiver peuvent piéger la chaleur s'ils ne sont pas pensés pour l'été. Un logement BBC mal conçu peut atteindre 35 °C en journée et ne pas redescendre la nuit.
Au-dessus de 28 °C la nuit, le sommeil est dégradé. Au-dessus de 32 °C en journée, les populations fragiles (nourrissons, personnes âgées, malades chroniques) sont en risque sanitaire.

1. Apports solaires directs par les vitrages exposés (le plus gros poste : jusqu'à 70 % des apports d'été dans un logement).

2. Apports par conduction à travers les parois opaques exposées (toiture surtout, puis murs ouest et est).
3. Apports internes : occupants, cuisson, électroménager, éclairage, équipements informatiques.

1) Protéger les vitrages, 2) Isoler la toiture avec un matériau à fort déphasage, 3) Ventiler la nuit, 4) Limiter les apports internes.
Inertie thermique
Capacité d'un bâtiment à stocker puis restituer la chaleur. Plus la masse thermique « accessible » est élevée, plus le bâtiment lisse les variations de température. Dépend de ρ × Cp × e (densité × chaleur massique × épaisseur) des matériaux en contact avec l'ambiance.
L'inertie utile est celle des matériaux côté intérieur : un mur en pierre revêtu d'un doublage isolant intérieur perd presque toute son inertie.
Déphasage
Temps mis par une onde de chaleur pour traverser une paroi, exprimé en heures. Cible recommandée pour la toiture : déphasage ≥ 10 h, pour décaler le pic d'apport solaire (15 h) après le coucher du soleil et faciliter l'évacuation par ventilation nocturne.
Amortissement
Rapport entre l'amplitude thermique extérieure et l'amplitude transmise à l'intérieur (sans unité, < 1). Plus il est faible, plus la paroi atténue les variations.
Comparatif des isolants
| Isolant (10 cm) | λ (W/m·K) | ρ (kg/m³) | Cp (J/kg·K) | Déphasage estimé |
|---|---|---|---|---|
| Polystyrène expansé | 0,035 | 20 | 1 400 | ≈ 3 h |
| Laine de verre | 0,035 | 20 | 1 030 | ≈ 4 h |
| Laine de roche dense | 0,038 | 70 | 1 030 | ≈ 6 h |
| Ouate de cellulose | 0,039 | 50 | 2 000 | ≈ 9 h |
| Fibre de bois dense | 0,042 | 160 | 2 100 | ≈ 12 h |
| Botte de paille | 0,065 | 110 | 1 550 | ≈ 13 h |
Source : ALTE 69 / ALEC Lyon, Confort d'été et isolation.
Deux toitures avec le même R = 7 n'offrent pas le même confort d'été. Une toiture en laine minérale soufflée laisse passer la pointe de chaleur en début d'après-midi ; une toiture en fibre de bois la décale vers minuit, où la ventilation nocturne peut l'évacuer.

Hiérarchie d'efficacité
| Type de protection | Facteur solaire (Fs) | Remarque |
|---|---|---|
| Aucune | 1,00 | Référence |
| Store intérieur clair | 0,55 – 0,70 | Faible : la chaleur a déjà traversé le vitrage |
| Vitrage à contrôle solaire seul | 0,30 – 0,45 | Réduit aussi les apports d'hiver |
| Store extérieur (screen, store banne) | 0,15 – 0,25 | Bonne efficacité |
| Volet persienné fermé | 0,10 – 0,15 | Très bonne efficacité |
| Brise-soleil orientable (BSO) | 0,08 – 0,12 | Optimal : module selon la course solaire |
Une protection solaire doit être extérieure. Une fois que le rayonnement a franchi le vitrage, il est trop tard.
Stratégie par orientation
- Sud : casquette horizontale ou BSO. Le soleil d'été est haut, une casquette de 80 cm protège un vitrage de 2 m sans gêner le soleil rasant d'hiver.
- Est et Ouest : protections verticales mobiles (BSO, volets) car le soleil est bas.
- Nord : pas d'apport solaire direct, pas de protection nécessaire.
Stratégie consistant à évacuer la chaleur stockée dans la masse du bâtiment en faisant circuler de l'air extérieur frais pendant la nuit (typiquement entre 22 h et 6 h, lorsque T_ext < T_int).
Conditions d'efficacité
- écart de température jour/nuit ≥ 5 °C (peu efficace en zone méditerranéenne caniculaire)
- renouvellement d'air ≥ 5 vol/h (jusqu'à 10 vol/h en surventilation traversante)
- inertie intérieure suffisante pour stocker la fraîcheur
Modes possibles
| Mode | Renouvellement | Confort | Sécurité |
|---|---|---|---|
| Ouverture manuelle des fenêtres | 5 – 10 vol/h | Très bon | Risque intrusion |
| VMC double flux en bypass | 1 – 2 vol/h | Limité | Sûr |
| Ventilation mécanique nocturne dédiée | 4 – 6 vol/h | Bon | Sûr |
| Tirage thermique par conduit/cheminée | variable | Bon | Sûr |
- Arbres à feuilles caduques au sud et à l'ouest : ombre l'été, transparence l'hiver.
- Mur végétalisé ou pergola : abaisse la température de surface des murs de 5 à 10 °C.
- Toiture végétalisée : réduit la température de la membrane d'étanchéité de 30 à 60 °C (ADEME, Adapter la ville au changement climatique).
- Sols clairs et perméables dans l'environnement immédiat : limitent l'effet îlot de chaleur urbain.
Cumul, sur la saison chaude, des écarts entre la température intérieure et le seuil de confort adaptatif (typiquement 26 – 28 °C selon la moyenne glissante extérieure). Exprimé en °C·h.
Seuils RE2020
| DH (°C·h) | Interprétation | Conséquence RE2020 |
|---|---|---|
| < 350 | Confort excellent | Aucune pénalité |
| 350 – 1 250 | Confort acceptable | Pénalité progressive sur le Bbio |
| > 1 250 | Inconfort caractérisé | Non-conformité RE2020 |
Une maison neuve mal conçue (peu d'inertie, vitrages sud non protégés, sans ventilation nocturne) peut dépasser 2 000 °C·h dans le sud de la France.
Le bâti ancien à murs épais (pierre, pisé, brique pleine, bauge) présente une inertie naturelle considérable : 30 à 60 cm de mur en pierre offrent un déphasage de 12 à 15 h.
Doubler ces murs par l'intérieur d'un isolant léger (laine minérale ou PSE) détruit l'inertie et transforme un bâtiment naturellement frais en passoire thermique d'été. Solution : privilégier l'ITE (cf. T1-C7) pour conserver la masse en contact avec l'ambiance intérieure.
- L'isolation d'hiver et le confort d'été obéissent à des logiques partiellement opposées : R seul ne suffit pas, il faut inertie + déphasage.
- Hiérarchie : protection solaire extérieure > ventilation nocturne > inertie > limitation des apports internes.
- Cibler un déphasage ≥ 10 h en toiture, à obtenir avec des isolants denses (fibre de bois, ouate, paille).
- Le DH est l'indicateur RE2020 du confort d'été. Au-delà de 1 250 °C·h, le bâtiment est non conforme.
- En bâti ancien, préserver l'inertie des murs épais : ITE plutôt qu'ITI.
- T1-C2 — Les familles de matériaux isolants
- T1-C5 — Isolation et gestion de l'humidité
- T1-C7 — Rénovation du bâti ancien
- T2-C3 — La VMC double flux et le bypass
- ALTE 69 / ALEC Lyon, Confort d'été et isolation
- ADEME, Adapter la ville au changement climatique, 2021
- RE2020, arrêté du 4 août 2021 — méthode Th-BCE
- Météo-France, Les vagues de chaleur en France
Rénovation du bâti ancien
- comprendre pourquoi le bâti ancien fonctionne différemment d'une construction récente
- savoir reconnaître les familles constructives d'avant 1948
- choisir une stratégie d'isolation compatible avec la perspirance et l'inertie
- éviter les pathologies post-rénovation classiques
En France, on appelle bâti ancien l'ensemble des constructions antérieures à 1948, date à partir de laquelle le ciment et le béton armé deviennent dominants. Le parc bâti ancien représente environ 33 % du parc résidentiel français, soit ≈ 10 millions de logements (CEREMA).
Trois caractéristiques le distinguent d'une construction récente :
1. Des matériaux locaux et perspirants : pierre hourdée à la chaux, pisé, bauge, brique pleine, pan de bois, torchis. Tous capables de stocker et de restituer l'humidité.
2. Une forte inertie thermique : murs épais (40 à 80 cm), plafonds en bois et solives, planchers en tomettes ou tommettes posées sur sable.
3. Une logique d'équilibre hygrothermique global : la paroi régule l'humidité par capillarité et évaporation, pas par étanchéité.
Appliquer à un bâtiment ancien les règles d'un bâtiment récent (étanchéité à l'air maximale, pare-vapeur, enduit ciment, isolant synthétique) revient à bloquer ses mécanismes naturels de régulation. Résultat : remontées capillaires aggravées, condensation, dégradation des matériaux structurels.

| Famille | Description | Régions principales | Capillarité | Inertie |
|---|---|---|---|---|
| Pierre hourdée chaux | Moellons + mortier de chaux | Partout | Forte | Très forte |
| Pisé | Terre crue compactée par couches | Rhône-Alpes, Auvergne | Très forte | Très forte |
| Bauge | Terre + paille empilée | Normandie, Bretagne | Très forte | Forte |
| Pan de bois + torchis | Ossature bois + remplissage terre | Alsace, Normandie, Picardie | Forte | Moyenne |
| Brique pleine | Brique cuite hourdée chaux | Nord, Sud-Ouest | Moyenne | Forte |
| Tuffeau, calcaire tendre | Pierres tendres calcaires | Val de Loire, Charentes | Très forte | Forte |
Chaque matériau a sa vulnérabilité propre : le pisé craint l'eau liquide stagnante, le tuffeau craint le gel après imprégnation, le pan de bois craint l'attaque biologique, etc.

Réaliser un diagnostic complet du bâti : analyse des matériaux, état hygrométrique, présence de remontées capillaires, ventilation existante, ponts thermiques. Sans ce préalable, la rénovation se fait à l'aveugle.
Étapes du diagnostic
1. Inspection visuelle : pieds de murs, soubassements, toitures, chéneaux, jonctions, salpêtre, traces d'humidité. 2. Sondages ponctuels pour identifier les matériaux et les épaisseurs. 3. Mesures hygrométriques sur 7 à 14 jours (HR, T° intérieure et extérieure). 4. Caméra thermique en période froide pour localiser ponts thermiques et infiltrations d'air. 5. Identification de la cause des éventuels désordres (capillarité, infiltration, condensation, fuite).
L'étude Hygroba (CETE de l'Est) et le guide Effinergie « Rénovation BBC du bâti ancien » sont les références opérationnelles. ATHEBA (Atelier Thermique du Bâti Ancien) fournit aussi des fiches techniques par matériau.

L'ADEME formalise quatre principes structurants :
1. Privilégier l'ITE à l'ITI chaque fois que c'est possible (sauf contraintes patrimoniales). L'ITE :
- conserve l'inertie utile en contact avec l'ambiance intérieure
- supprime les ponts thermiques de planchers et refends
- protège la structure des chocs thermiques
- ne réduit pas la surface habitable
2. Utiliser des matériaux capillaires et perméables à la vapeur (μ < 10 idéalement, jamais de pare-vapeur).
3. Limiter les sources d'eau liquide :
- débord de toiture et bardage pour les pluies battantes
- drainage périphérique et arase étanche pour les remontées capillaires
- gouttières et descentes EP en bon état
4. Si l'ITI est nécessaire, limiter à 10 – 12 cm maximum d'isolant biosourcé perspirant + frein-vapeur hygrovariable côté chaud. Au-delà, le risque de condensation interstitielle devient critique.

| Paroi | Isolants compatibles | À proscrire |
|---|---|---|
| Mur ITE sous enduit chaux | Fibre de bois rigide, liège expansé, panneaux chanvre-chaux | PSE collé, XPS |
| Mur ITE sous bardage ventilé | Fibre de bois souple, laine de chanvre, ouate de cellulose | Synthétiques étanches |
| Mur ITI (limité) | Laine de chanvre, panneau fibre de bois, enduit chaux-chanvre | PSE, PUR, laine minérale sous kraft |
| Combles perdus | Ouate de cellulose soufflée, laine de chanvre soufflée | — |
| Plancher bas sur cave | Liège expansé, fibre de bois rigide, chanvre projeté | XPS si remontées capillaires |
Un isolant biosourcé certifié coûte typiquement 20 à 50 % plus cher qu'un équivalent minéral. Mais il est éligible aux aides MaPrimeRénov' et aux bonifications biosourcées CEE (jusqu'à +10 % du montant standard).
Le pisé est particulièrement sensible. Quatre règles cardinales (CRAterre, ENTPE) :
1. Garder « bottes et chapeau » : un débord de toiture suffisant et un soubassement étanche. Sans ces deux protections, aucune rénovation n'est durable.
2. Pas d'enduit ciment : il piège l'humidité dans le mur. Décroûter et reprendre à la chaux aérienne ou à la chaux hydraulique naturelle (NHL 2 ou 3,5).
3. Pas de doublage intérieur étanche : le mur doit pouvoir sécher vers l'intérieur en été. Préférer un correcteur thermique perspirant (enduit chaux-chanvre 5 – 8 cm) à une isolation classique.
4. Drainage périphérique impératif : tranchée drainante sur 30 – 50 cm de profondeur, géotextile et graviers, exutoire gravitaire ou pompe de relevage.
→ Voir fiche T1-C8 — Le pisé et les matériaux traditionnels.
L'objectif Q4Pa-surf reste pertinent, mais doit être atteint sans pare-vapeur et sans membrane étanche à la vapeur.
- Enduits intérieurs continus à la chaux (effet barrière à l'air sans bloquer la vapeur)
- Frein-vapeur hygrovariable côté intérieur des isolants en doublage léger
- Soin particulier aux jonctions menuiseries / maçonnerie (joints à la chaux ou mastic acrylique perspirant)
Cible réaliste : Q4Pa-surf ≈ 1,0 m³/(h·m²), plus permissif que la valeur RT2012 maison neuve mais déjà très bon pour de l'ancien.
| Symptôme | Cause | Solution préventive |
|---|---|---|
| Salpêtre apparu après ITI | Remontées capillaires aggravées par bloquage de l'évaporation | Drainage + arase étanche avant isolation |
| Moisissures derrière le doublage | Condensation interstitielle, pare-vapeur mal posé | Frein-vapeur hygrovariable + Sd dégressif |
| Cloques sur enduit extérieur | Enduit ciment piégeant la vapeur | Décroûter + enduit chaux |
| Mur qui « sue » en hiver | Suppression de la VMC ancienne, étanchéification excessive | Restaurer ou installer une ventilation |
| Chute de la qualité de l'air | Surventilation perdue, COV des isolants synthétiques | Matériaux faibles émissions + VMC hygro |
- Le bâti ancien obéit à une logique d'équilibre hygrothermique différente du bâti récent : perspirance et capillarité sont des fonctions, pas des défauts.
- Diagnostic préalable obligatoire : sans identification des causes, pas de rénovation durable.
- Privilégier l'ITE (sauf patrimoine), avec des matériaux biosourcés perspirants.
- En ITI, limiter à 10 – 12 cm d'isolant capillaire + frein-vapeur hygrovariable.
- Jamais d'enduit ciment ni de pare-vapeur sur un mur ancien à fort enjeu hygroscopique.
- Référentiels : Hygroba, ATHEBA, guide Effinergie BBC bâti ancien.
- T1-C2 — Les familles de matériaux isolants
- T1-C5 — Isolation et gestion de l'humidité
- T1-C6 — Confort d'été et isolation
- T1-C8 — Le pisé et les matériaux traditionnels
- ADEME, Rénovation du bâti ancien
- Étude Hygroba — CETE de l'Est, Réhabilitation hygrothermique des parois anciennes
- ATHEBA — Atelier Thermique du Bâti Ancien, fiches techniques
- Effinergie, Guide Rénovation BBC du bâti ancien
- CRAterre / ENSAG, Le pisé : patrimoine, restauration, technique
Le pisé et les matériaux en terre crue
- comprendre la technique constructive du pisé et ses cousins en terre crue
- connaître les propriétés hygrothermiques spécifiques de la terre
- savoir diagnostiquer un mur en pisé et identifier ses pathologies
- maîtriser les règles de restauration et de rénovation thermique compatibles
Technique constructive consistant à damer de la terre crue humide (~10 % d'humidité) entre deux banches de bois, par couches de 10 à 15 cm, pour former un mur monolithique porteur. Aucun liant ajouté : la cohésion vient de la fraction argileuse de la terre (10 à 25 %), qui agit comme un ciment naturel.
Régions
Le pisé est concentré dans le quart sud-est de la France : Rhône, Isère, Ain, Drôme, Ardèche, Loire, Savoie, Auvergne. La région lyonnaise compte plus de 500 000 logements en pisé (CAUE 69).
Quelques chiffres-clés
| Caractéristique | Valeur typique |
|---|---|
| Épaisseur des murs | 40 – 60 cm |
| Densité (ρ) | 1 800 – 2 000 kg/m³ |
| Conductivité thermique (λ) | 0,8 – 1,1 W/(m·K) |
| Capacité thermique (Cp) | 800 – 1 000 J/(kg·K) |
| Résistance thermique (R) brute | 0,4 – 0,6 m²·K/W |
| Inertie utile | très forte |
| Déphasage | 12 – 15 h |
Un mur en pisé non isolé a une résistance thermique faible (R ≈ 0,5) mais un confort intérieur exceptionnel grâce à son inertie. Il chauffe lentement et restitue la chaleur en différé.

| Technique | Description | Distribution |
|---|---|---|
| Bauge | Terre + paille empilée à la main, sans coffrage | Normandie, Bretagne |
| Adobe | Briques de terre crue moulées et séchées au soleil | Pourtour méditerranéen |
| Torchis | Mélange terre + paille appliqué sur clayonnage | Alsace, Normandie, Picardie |
| BTC (bloc de terre comprimée) | Brique pressée mécaniquement | Construction contemporaine |
| Terre allégée | Terre + paille longue, isolant non porteur | Construction contemporaine |
Tous partagent les mêmes principes physiques : forte inertie, forte capillarité, régulation hygrométrique naturelle.

La terre, régulateur d'humidité
La terre crue est l'un des matériaux les plus hygroscopiques disponibles. Elle peut adsorber jusqu'à 5 % de son poids en eau lorsque l'air ambiant est humide, puis la restituer quand l'air s'assèche.

Un mur de pisé de 50 cm peut stocker 30 à 50 g d'eau par m² d'oscillation hygrométrique journalière, ce qui lisse l'humidité intérieure entre 45 et 55 % HR sans aucun système actif.
Capillarité

L'eau liquide migre dans la terre par capillarité, c'est-à-dire de la zone humide vers la zone sèche, puis s'évapore en surface. C'est ce mécanisme qui rend le mur autorégulé — à condition qu'il puisse sécher.
Si l'évaporation est bloquée (enduit ciment, peinture étanche, doublage isolant étanche), l'eau s'accumule. La terre ramollit, perd sa cohésion, et le mur peut s'effondrer localement (« gonflement de pied »).
| Pathologie | Cause | Conséquence |
|---|---|---|
| Érosion de pied | Rebonds de pluie sur le sol | Délitement progressif sur 10 – 30 cm de haut |
| Gonflement par capillarité | Remontées d'eau du sol | Perte de portance, effondrement local |
| Lessivage | Eau ruisselant en façade (gouttière HS, débord insuffisant) | Sillons verticaux, perte de matière |
| Cloques d'enduit | Enduit ciment piégeant la vapeur | Décollement, mise à nu de la terre |
| Salpêtre | Évaporation de sels minéraux remontés par capillarité | Cristallisation en surface, fragilisation |
| Attaque biologique | Humidité prolongée | Mousses, lichens, champignons |
| Fissuration | Tassement différentiel, vibrations | Fissures verticales ou en escalier |

Adage des maçons en pisé : un mur en terre tient si on lui donne de bonnes bottes (un soubassement étanche) et un bon chapeau (un débord de toiture suffisant). Sans ces deux protections, aucune restauration ne dure.
Le soubassement (les bottes)
- Hauteur : 40 à 80 cm au-dessus du sol fini
- Matériaux : moellons de pierre hourdés à la chaux, ou béton de chaux
- Objectif : empêcher l'eau du sol et les rebonds de pluie d'atteindre la terre
- Drainage périphérique systématique : tranchée drainante 30 – 50 cm de profondeur, géotextile, graviers
La toiture (le chapeau)
- Débord : minimum 40 cm, idéalement 60 cm sur les façades exposées
- Gouttières et descentes EP en bon état, exutoire éloigné du mur
- Couverture maintenue : une tuile cassée provoque des dégâts en quelques mois
Les enduits
Trois enduits compatibles, jamais le ciment :
| Type | Composition | Usage | Perspirance |
|---|---|---|---|
| Enduit terre | Terre + sable + fibres végétales | Intérieur, extérieur abrité | Excellente |
| Enduit chaux aérienne (CL) | Chaux aérienne + sable | Façades exposées | Très bonne |
| Enduit chaux hydraulique naturelle (NHL 2 ou 3,5) | NHL + sable | Façades très exposées, soubassements | Bonne |
Sur un mur en pisé, l'enduit doit toujours être moins résistant mécaniquement que le support. Sinon, il se décolle et entraîne avec lui de la matière du mur.
Améliorer la performance thermique d'un mur en pisé sans détruire ses qualités est un exercice d'équilibre.
Stratégies par ordre de préférence
1. Ne rien faire au mur, agir ailleurs. Souvent, isoler la toiture et le plancher bas suffit à diviser les déperditions par 2, sans toucher au pisé.
2. ITE en biosourcé sous bardage ventilé. Préserve toute l'inertie intérieure, supprime les ponts thermiques, protège le pisé des intempéries.
- 14 cm de fibre de bois → R ≈ 3,5 m²·K/W
- 16 cm de laine de chanvre → R ≈ 4,0 m²·K/W
3. Correcteur thermique intérieur en chaux-chanvre. Enduit projeté de 5 à 8 cm d'épaisseur. Apporte R ≈ 0,7 à 1,1, soit un confort sensiblement amélioré, sans bloquer la perspirance ni détruire l'inertie de manière critique.
4. ITI biosourcée légère (laine de chanvre, panneau fibre de bois). Solution de dernier recours, limitée à 8 à 10 cm maximum, avec frein-vapeur hygrovariable côté chaud. Détériore l'inertie et augmente le risque hygrothermique.
À proscrire absolument
- Doublage PSE collé
- Doublage placo + laine minérale + pare-vapeur kraft
- Polyuréthane projeté
- Enduit ciment, peinture acrylique étanche
- Tout système qui empêche le mur de sécher vers l'intérieur ou vers l'extérieur
Une étude de l'ENTPE (2018) sur 12 maisons en pisé rénovées a montré que les bâtiments traités en ITE biosourcée + correcteur intérieur chaux-chanvre atteignaient 40 % d'économies de chauffage sans aucune pathologie observée à 5 ans, contre 18 % des cas pathologiques dans les rénovations en ITI synthétique.
- Le pisé est reconnu comme technique traditionnelle par les DTU (annexes informatives DTU 20.1 et DTU 21).
- Les règles professionnelles « Construction en pisé » publiées par la Fédération SCOP du BTP en 2018 servent de référentiel.
- MaPrimeRénov' et CEE sont accessibles sous condition de R minimale de l'isolant posé. Bonification biosourcée applicable.
- Pour le patrimoine protégé (PSMV, sites classés), consulter l'ABF avant tout projet.
- Le pisé et les matériaux en terre crue sont des murs monolithiques porteurs à très forte inertie mais à R faible.
- Leur autorégulation hygrothermique repose sur la perspirance et la capillarité : ne jamais les bloquer.
- Restauration : bottes (soubassement étanche, drainage) + chapeau (débord de toiture, couverture). C'est la priorité absolue.
- Enduits autorisés : terre, chaux aérienne, chaux hydraulique naturelle. Jamais de ciment.
- Stratégie thermique préférable : ITE biosourcée sous bardage ventilé + correcteur intérieur chaux-chanvre.
- Isolation par l'intérieur synthétique : interdite dans la pratique.
- T1-C2 — Les familles de matériaux isolants
- T1-C5 — Isolation et gestion de l'humidité
- T1-C6 — Confort d'été et isolation
- T1-C7 — Rénovation du bâti ancien
- CRAterre — ENSAG, Le pisé : patrimoine, restauration, technique
- ENTPE, études sur la réhabilitation thermique du pisé en région lyonnaise
- Fédération SCOP du BTP, Règles professionnelles Construction en pisé, 2018
- ATHEBA, fiches techniques bâti ancien
- CAUE 69, Le pisé en région lyonnaise
Enjeux de la qualité de l'air intérieur et cadre réglementaire
Les enjeux de la qualité de l'air intérieur
Pourquoi la QAI s'est imposée, en trois décennies, comme un déterminant sanitaire majeur — et ce que dit la réglementation française.
Pendant longtemps, l'attention sanitaire s'est portée sur la pollution extérieure ; la qualité de l'air que nous respirons à l'intérieur restait l'angle mort. Trois évolutions — comportementale, technique et chimique — ont rebattu les cartes. Nous passons aujourd'hui près de neuf dixièmes de notre vie entre quatre murs, dans des bâtiments dont l'enveloppe s'est refermée à mesure que la performance énergétique progressait, et dont l'équipement intérieur relâche un cocktail inédit de substances volatiles.
Un basculement en trois temps
Le premier facteur est comportemental. En population générale, nous passons 85 à 90 % de notre temps à l'intérieur — logement, bureau, école, commerces, transports — et jusqu'à 95 % chez les publics les plus sensibles. À cette intensité d'exposition, la moindre dégradation de l'air inhalé devient cliniquement significative.
Le deuxième est technique. La quête de performance thermique a produit des bâtiments de plus en plus étanches. C'est une bonne nouvelle énergétique, mais elle crée une dépendance absolue à une ventilation correctement dimensionnée, posée et entretenue : sans elle, l'air vicié ne sort plus et s'accumule.
Le troisième est chimique. Les matériaux contemporains — mobilier, peintures, colles, produits d'entretien, parfums d'intérieur — émettent en permanence COV, formaldéhyde, particules fines et semi-volatils auxquels les générations précédentes n'étaient pas exposées dans de telles proportions.
Proportion moyenne en population générale ; elle atteint 95 % chez les publics les plus sensibles.
Estimation OQAI, ordre de grandeur comparable au coût annuel des accidents de la route.
Quatre familles d'impacts documentés
Les études épidémiologiques européennes des vingt dernières années ont consolidé quatre grandes catégories d'effets associés à un air intérieur dégradé, dont aucune n'est aujourd'hui sérieusement contestée.
Asthme, bronchites, ORL
L'OMS estime que 15 % des asthmes infantiles dans les pays industrialisés sont attribuables à l'air intérieur (humidité, moisissures, COV).
Infarctus & AVC
L'exposition chronique aux PM2,5 intérieures est associée à une hausse documentée du risque d'infarctus et d'accident vasculaire cérébral.
Radon & formaldéhyde
Classés cancérogènes certains par le CIRC. Le radon est responsable d'environ 3 000 décès/an par cancer du poumon en France.
Concentration & fatigue
Au-delà de 1500 ppm de CO₂, baisse mesurable de la performance cognitive — particulièrement documentée en école et bureau.
Ensemble de symptômes bénins mais handicapants — irritations, fatigue, céphalées — qui disparaissent lorsque l'occupant quitte le bâtiment. Prévalence estimée entre 15 et 30 % dans le parc tertiaire français.
Le cadre réglementaire français
Le dispositif français repose sur une double assise. D'un côté, une réglementation aéraulique qui fixe les débits d'air à extraire dans chaque logement — c'est l'arrêté du 24 mars 1982, toujours en vigueur après plus de quarante ans. De l'autre, une réglementation sanitaire qui fixe des concentrations-cibles pour les polluants les plus critiques, portée par les VGAI de l'ANSES et le décret de surveillance dans les ERP sensibles.
Prolongeant la loi Grenelle II, ce décret instaure une surveillance obligatoire de la QAI dans les crèches, les écoles, les accueils de loisirs et les structures médico-sociales pour mineurs. Il consacre le CO₂ comme indicateur de référence du confinement.
| Type de logement | Débit total m³/h | Pointe cuisine m³/h |
|---|---|---|
| 1 pièce principale | 35 | 75 |
| 2 pièces | 60 | 90 |
| 3 pièces | 75 | 105 |
| 4 pièces | 90 | 120 |
| 5 pièces | 105 | 135 |
| 6 pièces | 120 | 135 |
| 7 pièces et plus | 135 | 135 |
| Polluant | Valeur guide | Pas de temps |
|---|---|---|
| Formaldéhyde | 30 / 100 µg/m³ | Annuel / court terme |
| Benzène | 2 µg/m³ | Annuel |
| Monoxyde de carbone | 10 mg/m³ | 8 h |
| Dioxyde d'azote | 20 µg/m³ | Annuel |
| PM2,5 | 10 µg/m³ | Annuel |
| Radon | 300 Bq/m³ | Annuel |
Le protocole Promevent
Finalisé par le CEREMA en 2017 et cité explicitement dans la RE2020, Promevent définit la procédure de vérification fonctionnelle des installations de ventilation. La démarche se déroule en trois étapes successives, dont aucune ne peut être escamotée.
Plus de 60 % des installations contrôlées présentent au moins un défaut majeur : conduit écrasé, bouche obstruée, débit insuffisant, caisson mal raccordé. Ce constat a motivé l'intégration explicite de Promevent dans la RE2020.
Énergie et santé : un faux dilemme
L'opposition entre performance énergétique et qualité de l'air, longtemps invoquée pour justifier l'inaction, n'a plus lieu d'être sur le plan technique. Les VMC double flux à haut rendement (≥ 90 %) récupèrent la quasi-totalité de la chaleur de l'air extrait, tandis que les VMC simple flux hygroréglables modulent les débits en fonction des besoins réels de chaque pièce. Le véritable enjeu est désormais opérationnel : concevoir, installer, mettre en service et entretenir correctement ces systèmes.
« On ne peut pas isoler sans ventiler. » Toute amélioration de l'étanchéité à l'air d'un bâtiment doit s'accompagner d'une revue complète de la stratégie de ventilation.
À retenir & sources
À retenir
- Nous passons 85 à 90 % de notre temps en intérieur ; coût socio-économique annuel de la mauvaise QAI : 19 Md€.
- Deux piliers réglementaires : arrêté du 24 mars 1982 (débits) et décret 2022-1689 (surveillance ERP sensibles).
- Les VGAI de l'ANSES sont les valeurs sanitaires de référence.
- Le protocole Promevent (CEREMA, 2017) est l'outil de contrôle cité par la RE2020 ; plus de 60 % des installations présentent un défaut majeur.
- Performance énergétique et QAI ne s'opposent pas dès lors que les systèmes sont correctement conçus et entretenus.
Sources & références
- OQAI, Coût socio-économique de la pollution de l'air intérieur, 2014.
- ANSES, Valeurs guides de qualité d'air intérieur, rapports successifs.
- OMS, WHO Guidelines for Indoor Air Quality, 2010.
- CEREMA, Protocole Promevent, 2017.
- Arrêté du 24 mars 1982 modifié.
- Décret n° 2022-1689 du 27 décembre 2022.
Fiches reliées
- T2-C2 — Les polluants intérieurs : sources et leviers
- T2-C3 — Principes de la ventilation
- T2-C4 — VMC simple flux hygroréglable
- T2-C5 — VMC double flux à haut rendement
L'air d'un logement contient plusieurs centaines de substances. Pour agir efficacement, il faut savoir les classer, mesurer leur poids respectif et appliquer une hiérarchie d'action stable, du choix des matériaux jusqu'aux gestes des occupants.
À la fin de cette fiche, l'apprenant doit savoir :
- nommer les quatre familles de polluants de l'air intérieur et citer leurs sources principales ;
- donner les ordres de grandeur d'exposition en logement et en tertiaire ;
- distinguer les leviers de conception et les leviers de comportement ;
- appliquer la pyramide d'action QAI à un projet de rénovation.
L'air intérieur d'un bâtiment occupé contient plusieurs centaines de substances. Pour en faire un objet opérationnel, on les regroupe en quatre familles, définies par leur nature et leurs sources d'émission. Chaque famille appelle des leviers d'action spécifiques : c'est la base d'une stratégie QAI cohérente.
- les polluants chimiques de combustion (CO, NO₂, particules) ;
- les composés organiques volatils (COV) émis par les matériaux et le mobilier ;
- les polluants physiques (particules, fibres, radon) ;
- les polluants biologiques (moisissures, acariens, allergènes).
Un même bâtiment peut cumuler des sources des quatre familles : c'est le « cocktail » auquel sont effectivement exposés les occupants.
Toute combustion incomplète génère du monoxyde de carbone (CO), du dioxyde d'azote (NO₂) et des particules fines (PM2,5 et PM10). Les sources principales en logement sont la cuisson au gaz, le chauffage au bois, au fioul ou au gaz, et les chauffe-eau non raccordés à un conduit d'évacuation.
Le CO est particulièrement insidieux : inodore, incolore, il provoque environ trois mille intoxications annuelles en France, dont une centaine sont mortelles. Le NO₂ se concentre surtout en cuisine ; les particules de cuisson dépassent fréquemment les seuils journaliers de l'OMS, même dans des logements neufs.
- CO — environ 3 000 intoxications par an, ~100 décès (Santé publique France).
- NO₂ — une plaque gaz mal ventilée dépasse 200 µg/m³, soit dix fois la valeur guide annuelle de l'OMS.
- PM2,5 — le chauffage au bois domestique représente plus de 50 % des émissions nationales (CITEPA). Un foyer ouvert émet de 10 à 100 fois plus qu'un poêle à granulés moderne.
Les COV regroupent plusieurs milliers de molécules carbonées volatiles à température ambiante. En air intérieur, leurs concentrations sont généralement 2 à 5 fois supérieures à celles de l'air extérieur, et bien davantage dans les bâtiments neufs ou récemment rénovés.
Sources permanentes
Matériaux de construction (peintures, colles, panneaux de bois reconstitué), mobilier (formaldéhyde des meubles en aggloméré urée-formol), produits d'entretien et désodorisants (sprays, bougies, encens), activités humaines (cuisson, douche).
Le formaldéhyde, polluant emblématique
Omniprésent et classé cancérogène certain par le CIRC (groupe 1) depuis 2004. La campagne nationale OQAI 2003-2005 sur 567 logements a relevé une concentration médiane de 19,6 µg/m³, le quart supérieur dépassant 27 µg/m³ — pour une valeur guide annuelle ANSES de 30 µg/m³.
Obligatoire en France depuis 2013, l'étiquetage classe les matériaux selon leur émission de formaldéhyde mesurée à 28 jours.
| Classe | Émission formaldéhyde (µg/m³ à 28 j) |
|---|---|
| A+ | < 10 |
| A | < 60 |
| B | < 120 |
| C | ≥ 120 |
Deux limites majeures : l'étiquetage ne couvre pas le mobilier (première source de formaldéhyde dans beaucoup de logements), et la mesure à 28 jours ne reflète pas les émissions de long terme.
Particules fines
On distingue les PM10 (≤ 10 µm), les PM2,5 (≤ 2,5 µm) et les particules ultrafines (≤ 0,1 µm), les plus pénétrantes car elles atteignent les alvéoles pulmonaires et la circulation sanguine. L'OMS a abaissé en 2021 sa valeur guide annuelle PM2,5 à 5 µg/m³, rarement atteinte en air intérieur urbain.
Amiante et fibres minérales
L'amiante est interdite depuis 1997 mais reste très présente dans le parc antérieur (flocages, dalles vinyle-amiante, fibrociment). Le diagnostic amiante avant travaux (DAAT) est obligatoire avant toute intervention sur un bâti d'avant 1997. Les laines minérales modernes ne sont pas cancérogènes mais leur pose exige des EPI adaptés.
Radon
Gaz radioactif naturel issu des roches granitiques et volcaniques. C'est la deuxième cause de cancer du poumon en France après le tabac, responsable d'environ 3 000 décès par an. La valeur de référence est de 300 Bq/m³. Trente-et-un départements sont classés en zone à potentiel radon de catégorie 3 : Massif central, Bretagne, Vosges, Jura, Corse.
Les leviers d'action sont la ventilation du vide sanitaire, l'étanchéité du soubassement et la mise en surpression des locaux.
Moisissures, bactéries, acariens, pollens, squames animales : les bioaérosols sont presque toujours liés à un excès d'humidité. Les moisissures se développent dès que l'humidité relative dépasse durablement 70 % à la surface d'une paroi froide.
16 % des logements européens présentent des signes visibles d'humidité ou de moisissures. Ces situations augmentent de 30 à 50 % le risque de symptômes respiratoires chroniques chez les occupants, en particulier les enfants.
La règle d'or de prévention des bioaérosols est de maintenir l'humidité relative entre 40 et 60 % par une ventilation correctement dimensionnée et l'absence de ponts thermiques. Cette seule règle élimine la majorité des problématiques biologiques d'un logement.
Une stratégie efficace de gestion de la QAI repose sur une hiérarchie en cinq niveaux, transposée de la pyramide de prévention des risques professionnels. L'ordre est important : ventiler ne compense jamais des matériaux médiocres.
| Niveau | Action | Exemple concret |
|---|---|---|
| 1 | Supprimer la source | Choix de matériaux A+, mobilier certifié, pas de garage communicant. |
| 2 | Substituer | Bougies → ventilation ; nettoyants chlorés → solutions douces ; chauffe-eau atmosphérique → ventouse. |
| 3 | Capter à la source | Hotte raccordée à l'extérieur ; extraction au-dessus des appareils de combustion. |
| 4 | Diluer par la ventilation générale | VMC correctement dimensionnée — voir fiches T2-C3 à T2-C7. |
| 5 | Sensibiliser les occupants | Aération manuelle complémentaire, espacement des activités émettrices. |
« Source d'abord, ventilation ensuite. » La ventilation ne traite que les émissions résiduelles d'un bâtiment correctement conçu.
Les points essentiels du chapitre
- Quatre familles de polluants : combustion, COV, physiques (particules, radon, amiante) et biologiques.
- Le formaldéhyde est omniprésent et classé cancérogène certain ; le radon est responsable d'environ 3 000 décès par an en France.
- L'étiquetage A+ est utile mais ne couvre ni le mobilier ni les émissions de long terme.
- Au-dessus de 70 % d'humidité relative en surface froide, les moisissures se développent : maîtriser l'humidité, c'est maîtriser 80 % de la pollution biologique.
- La hiérarchie d'action est immuable : supprimer > substituer > capter > diluer > sensibiliser.
- QAI
- Qualité de l'air intérieur.
- COV
- Composé organique volatil.
- PM2,5
- Particules fines de diamètre inférieur à 2,5 µm.
- OQAI
- Observatoire de la qualité de l'air intérieur.
- DAAT
- Diagnostic amiante avant travaux.
- Bq/m³
- Becquerel par mètre cube ; unité de mesure de l'activité du radon.
Ventiler un bâtiment, ce n'est pas seulement « faire entrer de l'air neuf » : c'est organiser un trajet maîtrisé, mesurer un débit, choisir un moteur. Ce chapitre pose les deux principes physiques fondamentaux, présente les trois grandes familles de systèmes et donne les critères pour choisir la bonne stratégie selon le projet.
À la fin de cette fiche, l'apprenant doit savoir :
- expliquer les principes de balayage et de différence de pression ;
- distinguer les trois grandes familles : naturelle, mécanique, hybride ;
- identifier les avantages et limites de chaque système ;
- choisir une stratégie de ventilation adaptée à un projet donné.
Ventiler, c'est renouveler de manière maîtrisée l'air intérieur pour évacuer les polluants et apporter un air neuf en quantité suffisante. Deux principes physiques fondamentaux sous-tendent cette définition.
Le principe de balayage
Organiser le trajet de l'air pour qu'il circule des pièces propres (séjour, chambres) vers les pièces techniques (cuisine, salle de bains, WC). Il traverse les passages de transfert — détalonnages de portes, grilles — puis est extrait vers l'extérieur. Ce balayage organisé évite les zones mortes où l'air stagnerait et assure que chaque pièce reçoit de l'air neuf.
Le principe de différence de pression
C'est le moteur de la circulation. La différence de pression entre l'intérieur et l'extérieur peut être naturelle (tirage thermique, action du vent) ou mécanique (ventilateur électrique). C'est cette différence qui dicte le débit effectivement obtenu dans le logement.
L'air neuf pénètre par les entrées d'air placées au-dessus des menuiseries du séjour et des chambres, traverse les passages de transfert, puis est extrait dans la cuisine, la salle de bains et les WC. Le schéma garantit que l'humidité et les odeurs ne remontent pas vers les pièces de vie.
La plus ancienne des techniques de renouvellement d'air. Elle mobilise trois moteurs physiques : le tirage thermique (effet de cheminée, lié à l'écart de température entre intérieur et extérieur), l'action du vent (surpression au vent, dépression sous le vent), et la pénétration par les défauts d'étanchéité du bâti ancien.
Atouts
Aucune énergie électrique consommée, aucun bruit mécanique, aucune maintenance complexe et une grande liberté architecturale. Particulièrement adaptée au bâti ancien perspirant, dont les matériaux capillaires (pierre, brique, enduits à la chaux) régulent naturellement l'humidité.
Limites
Non contrôlée : les débits varient avec la météo et l'occupation. Non récupérable énergétiquement, puisque l'air neuf entre à la température extérieure. Inadaptée aux bâtiments très étanches de la réglementation thermique moderne, dans lesquels les moteurs naturels deviennent insuffisants.
Quand l'air intérieur est plus chaud que l'air extérieur, sa densité est plus faible : il s'élève et s'échappe par les ouvertures hautes. Cet appel crée une dépression en partie basse qui attire de l'air neuf. Plus l'écart de température est grand, plus le tirage est puissant — d'où des débits très variables selon la saison.
Apparue dans les années 1960 et généralisée à partir des années 1980, la VMC crée artificiellement une dépression dans le logement à l'aide d'un ventilateur électrique. L'air vicié est extrait par les bouches placées en pièces de service ; l'air neuf pénètre par les entrées d'air situées dans les menuiseries des pièces principales.
Avantages décisifs
Débits maîtrisés et stables, indépendants de la météo. Respect strict du balayage. Compatibilité totale avec une enveloppe étanche moderne. Possibilités de modulation (hygroréglable) ou de récupération de chaleur (double flux). Coût d'installation modéré au regard du service rendu.
Limites
Elles sont essentiellement liées à la qualité de mise en œuvre et à l'entretien. Une VMC mal posée, mal réglée ou jamais entretenue peut délivrer moins de la moitié du débit prévu. D'où l'importance du protocole Promevent et d'un engagement contractuel sur la performance.
| Famille | Pénalité énergétique | Filtration | Coût |
|---|---|---|---|
| Simple flux autoréglable | Forte | Non | € |
| Simple flux hygro A | Moyenne | Non | €€ |
| Simple flux hygro B | Faible à moyenne | Non | €€ |
| Double flux | Très faible | Oui (F7/F9) | €€€ |
Troisième voie entre la ventilation naturelle et la VMC classique : la ventilation hybride, aussi appelée VMC basse pression. Elle part d'une installation à tirage naturel et n'active le ventilateur électrique que lorsque les conditions naturelles deviennent insuffisantes — été sans vent, écart thermique faible, occupation importante.
Ce principe permet une économie d'énergie considérable tout en garantissant un débit minimum réglementaire en toute saison. Particulièrement adaptée à l'habitat collectif ancien à conduits shunt, elle évite de refaire des réseaux dans des logements occupés.
Dans un immeuble à conduits shunt, la ventilation hybride permet d'atteindre la conformité réglementaire sans percer de nouveaux conduits ni passer un réseau de gaines dans les appartements occupés. C'est souvent la seule stratégie techniquement et économiquement viable en copropriété ancienne.
Aucun système de ventilation n'est universellement supérieur. Le choix dépend d'un faisceau de paramètres : type de bâtiment, niveau de performance visé, contraintes architecturales, budget, climat local, sensibilité des occupants.
Couplé à une VMC double flux, le puits canadien permet de gagner 4 à 8 °C sur l'air neuf en hiver et de rafraîchir l'air entrant en été. Sa pertinence dépend fortement du climat local et de la géologie du terrain : sol perméable à exclure, nappe phréatique à vérifier, pente pour l'évacuation des condensats obligatoire.
| Contexte | Solution recommandée | Justification |
|---|---|---|
| Maison neuve RE2020 | Double flux ou hygro B | Étanchéité élevée + récupération |
| BBC rénovation | Hygro B | Compromis coût/performance |
| Maison passive | Double flux haut rendement | Récupération maximale + filtration |
| Bâti ancien perspirant | Naturelle ou hybride | Compatibilité matériaux capillaires |
| Collectif ancien | Hybride | Réutilisation des conduits shunt |
| Bureaux tertiaires | CTA double flux + free-cooling | Charges internes, modularité |
| ERP sensibles (écoles, crèches) | Double flux + sondes CO₂ | Surveillance réglementaire |
Critères décisifs
En milieu urbain pollué, la filtration F7/F9 de la double flux devient un atout sanitaire majeur, avec une réduction de 60 à 90 % des particules d'origine extérieure. En climat froid et sec, la récupération de chaleur est la plus rentable. En climat doux et humide, les solutions hygroréglables sont privilégiées pour leur sobriété.
1. Confondre étanchéité à l'air et absence de ventilation. Une bonne enveloppe étanche est précisément celle qui rend la ventilation contrôlée possible et efficace.
2. Sous-dimensionner le réseau : conduits trop fins, trop longs, trop coudés. Résultats garantis : pertes de charge, bruit, surconsommation électrique, débits réels très inférieurs aux débits nominaux.
3. Oublier les entrées d'air lors d'un changement de menuiseries. La VMC se retrouve alors à extraire dans le vide, avec une forte dépression du logement et des infiltrations parasites inversées.
4. Placer le caisson dans un espace non chauffé et non isolé : condensation dans les gaines, développement bactérien, perte de performance de la récupération sur une double flux.
Caisson, conduits, bouches, entrées d'air, passages de transfert, occupants formés : la défaillance d'un seul maillon compromet l'ensemble. Une VMC double flux haut de gamme avec des conduits sous-dimensionnés ou sans entretien délivrera moins de performance qu'une simple flux hygro B bien posée.
Les points essentiels du chapitre
- Deux principes fondamentaux : le balayage des pièces propres vers les pièces techniques, et la différence de pression comme moteur.
- Trois grandes familles : naturelle, mécanique contrôlée (VMC) et hybride.
- En construction neuve RE2020 : hygro B ou double flux. En bâti ancien perspirant : naturelle ou hybride.
- La phrase « il faut que la maison respire » est trompeuse : ce sont les occupants qui doivent respirer, pas les murs.
- Ventiler, c'est un système : la défaillance d'un seul maillon compromet toute l'installation.
- VMC
- Ventilation mécanique contrôlée.
- Balayage
- Trajet organisé de l'air des pièces propres vers les pièces techniques.
- Tirage thermique
- Effet de cheminée lié à l'écart de température entre intérieur et extérieur.
- Hygroréglable
- Système dont les bouches modulent le débit en fonction de l'humidité relative.
- Conduit shunt
- Conduit collectif vertical à tirage naturel, courant dans le collectif d'avant 1980.
- Promevent
- Protocole de contrôle des installations de ventilation (CEREMA, 2017).
La VMC simple flux équipe plus de 80 % des maisons construites depuis 1985 en France. Son principe est simple (extraire l'air vicié pour créer un appel d'air neuf), mais sa performance réelle dépend entièrement de la qualité de l'installation et du choix du système. Ce chapitre passe en revue les trois générations technologiques, les règles de mise en oeuvre et les critères de choix.
À la fin de cette fiche, l'apprenant doit savoir :
- décrire le fonctionnement d'une VMC simple flux ;
- distinguer les modèles autoréglable, hygro A et hygro B ;
- appliquer les règles de mise en oeuvre d'une installation conforme ;
- comparer les coûts, avantages et limites de chaque génération.
Un groupe d'extraction électrique, placé en combles ou gaine technique, met le logement en légère dépression. L'air vicié est aspiré par les bouches d'extraction placées dans les pièces de service (cuisine, salle de bains, WC) et évacué en toiture.
Pour compenser cette extraction, l'air neuf entre par les entrées d'air situées en partie haute des menuiseries des pièces principales (séjour, chambres, bureau). Il parcourt ensuite le logement via les détalonnages des portes avant d'être extrait : c'est ce parcours qui réalise le balayage.
L'air neuf entre par les pièces principales (flèches bleues), traverse le logement et ressort par les pièces de service (flèches oranges). Les débits s'ajustent automatiquement au taux d'humidité ambiant.
Le caisson contient un ou deux ventilateurs (vitesse cuisine / vitesse permanente), un bac de récupération des condensats et les piquages de raccordement aux conduits. Sa position doit garantir l'accessibilité pour la maintenance et limiter les longueurs de conduits.
Autoréglable
Première génération, fin des années 1970. Les débits sont constants, calibrés une fois pour toutes. Le système ne s'adapte pas à l'occupation réelle. Résultat : une surventilation chronique, particulièrement pénalisante en hiver. Encore présente dans l'existant mais à proscrire en construction neuve.
Un kit standard comprend le caisson d'extraction, les bouches pour chaque pièce de service et les entrées d'air a débit fixe. L'ensemble se raccorde par des conduits souples ou semi-rigides.
Hygro A
Introduite à partir de 1983. Les bouches d'extraction intègrent un capteur d'humidité (tresse polyamide) qui modifie leur ouverture. Les entrées d'air restent à débit constant. Gain énergétique par rapport à l'autoréglable : 10 à 20 %.
Hygro B
Années 1990. Les entrées d'air aussi sont hygroréglables. Le débit total s'adapte finement au taux d'occupation réel du logement. Gain de 30 à 40 % par rapport à l'autoréglable. C'est le standard de facto en logement neuf RE2020 lorsque la double flux n'est pas retenue.
| Génération | Modulation bouches | Modulation entrées d'air | Gain vs autoréglable |
|---|---|---|---|
| Autoréglable | Non | Non | -- |
| Hygro A | Oui | Non | 10 à 20 % |
| Hygro B | Oui | Oui | 30 à 40 % |
Une VMC simple flux paraît simple à installer. Dans la pratique, les erreurs de mise en oeuvre sont fréquentes et lourdes de conséquences.
Le caisson
En volume chauffé ou isolé, idéalement en combles aménagés ou gaine technique. Suspendu sur silentblocs pour limiter les vibrations. Accessible pour la maintenance — ne jamais l'enfermer derrière un faux plafond fixe.
Les conduits
Rigides ou semi-rigides, jamais en conduits annelés souples sur de grandes longueurs. Diamètres minimaux fixés par les Avis Techniques : 80 mm (WC), 100 à 125 mm (SdB), 125 à 160 mm (cuisine). Rayons de courbure respectés, raccords étanches.
Les bouches d'extraction
En partie haute des pièces techniques, au moins 1,80 m du sol. Le modèle doit correspondre à l'Avis Technique du système retenu : on ne mélange pas les marques.
Chaque raccordement entre conduit et bouche est un point de fuite potentiel. Les manchettes doivent être serrées au collier et vérifiées avant fermeture du faux plafond.
Les entrées d'air
En partie haute des menuiseries des pièces principales. Module nominal (22 ou 30) imposé par l'Avis Technique. Modèles acoustiques en zones bruyantes (routes, aéroports).
Les passages de transfert
Détalonnage des portes : 1 à 2 cm entre le bas de la porte et le sol fini. Pour les portes à seuil étanche (accessible PMR), des grilles de transfert dans la porte ou la cloison.
Une bouche d'extraction non nettoyée pendant plusieurs années voit son débit chuter de 60 à 75 %. L'entretien annuel des bouches et le remplacement des filtres du caisson sont indispensables au maintien de la performance.
Le surcoût de la hygro B par rapport à l'autoréglable (700 à 1 000 € en neuf) se rembourse en 4 à 7 ans par les économies de chauffage, sans même compter les CEE.
Avantages
Coût d'achat modéré, mise en oeuvre relativement simple, encombrement limité. C'est la solution la plus accessible pour atteindre la conformité réglementaire, particulièrement en rénovation contrainte où l'installation d'une double flux n'est pas envisageable.
Limites
- Absence de récupération de chaleur : l'air extrait emporte ses calories.
- Absence de filtration de l'air entrant, pénalisant en milieu urbain pollué.
- Inconfort thermique des entrées d'air en hiver (certains occupants finissent par les obturer).
- Sensibilité au vent, avec un risque d'inversion du sens de débit en exposition forte.
- Rénovation avec budget contraint
- Climat doux ou moyen (récupération de chaleur peu rentable)
- Environnement extérieur peu pollué
- Logement mono-volume sans circulation complexe
Les points essentiels du chapitre
- La VMC simple flux extrait par les pièces techniques ; l'air neuf entre passivement par les entrées d'air des menuiseries.
- Trois générations : autoréglable (à proscrire en neuf), hygro A (modulation extraction), hygro B (modulation totale, standard RE2020).
- Mise en oeuvre soignée : caisson en volume tempéré, conduits rigides étanches, entrées d'air dans chaque pièce principale, détalonnage des portes.
- Coût installé de 1 500 à 3 000 € pour une hygro B. Éligible CEE (BAR-TH-127).
- Limite principale : pas de récupération de chaleur ni de filtration de l'air entrant.
- Hygro A
- VMC dont les bouches d'extraction modulent en fonction de l'humidité.
- Hygro B
- VMC dont les bouches ET les entrées d'air modulent en fonction de l'humidité.
- Module
- Valeur nominale de débit d'une entrée d'air (ex. module 22 = 22 m³/h sous 20 Pa).
- Silentbloc
- Plot anti-vibratoire en élastomère sur lequel le caisson est suspendu.
- Détalonnage
- Espace de 1 à 2 cm sous une porte intérieure pour permettre le passage d'air.
- BAR-TH-127
- Fiche d'opération standardisée CEE pour l'installation d'une VMC hygroréglable.
La simple flux évacue l'air vicié mais perd toute la chaleur qu'il contient. La VMC double flux récupère cette énergie grâce à un échangeur thermique qui croise l'air extrait et l'air neuf sans les mélanger. Ce chapitre détaille le fonctionnement de l'échangeur, le bypass estival, la filtration, la protection contre le gel, les règles de mise en œuvre et les coûts associés.
À la fin de cette fiche, l'apprenant doit savoir :
- expliquer le principe de la récupération de chaleur sur l'air extrait ;
- comparer les trois familles d'échangeurs et leurs rendements ;
- décrire les fonctions de bypass, de filtration et de protection antigel ;
- identifier les points critiques de mise en œuvre et les contextes où la double flux est pertinente.
La simple flux, même hygroréglable, présente une limite structurelle : tout l'air extrait l'est à température intérieure. Dans un logement BBC, la part de la ventilation peut représenter 30 à 40 % des déperditions hivernales.
La double flux résout ce problème en utilisant deux ventilateurs et un échangeur thermique qui met en contact — sans mélange — l'air extrait et l'air neuf. Un échangeur performant récupère 75 à 95 % de la chaleur sensible. Par -5 °C extérieur et 20 °C intérieur, l'air neuf insufflé entre à 17-18 °C au lieu de -5 °C.
L'air neuf est aspiré par un ventilateur d'insufflation, traverse l'échangeur où il se réchauffe au contact de l'air extrait, puis est distribué dans les pièces principales (séjour, chambres). L'air vicié est extrait des pièces de service (cuisine, salle de bains, WC) par un second ventilateur, passe dans l'échangeur où il cède sa chaleur, et est rejeté à l'extérieur.
Ce schéma montre les températures réelles mesurées à chaque point du circuit. L'air extérieur à 0 °C est préchauffé à environ 14 °C dans l'échangeur, puis les apports internes (occupants, électroménager) portent la température ambiante à 19-20 °C. L'air extrait à 20 °C cède l'essentiel de sa chaleur et sort à environ 6 °C.
La double flux se justifie donc avant tout par le confort thermique (air neuf préchauffé, pas de courant d'air froid) et la qualité de l'air intérieur (filtration de l'air entrant), davantage que par sa rentabilité énergétique stricte.
Échangeur à plaques
Le plus répandu. Canaux d'air croisés en aluminium ou polypropylène. Rendements typiques : 70 à 85 % (classique), jusqu'à 90 % pour les modèles à contre-courant.
Échangeur à plaques à contre-courant
Les deux flux circulent en sens opposés sur la majeure partie du trajet. Les meilleurs modèles atteignent 92 à 95 % de rendement (norme EN 308 / EN 13141-7). C'est la technologie de référence pour les bâtiments passifs.
Échangeur rotatif (roue thermique)
Roue cylindrique qui tourne lentement entre les deux flux. Rendements : 80 à 85 %. Certains modèles transfèrent aussi l'humidité (récupération enthalpique). Inconvénient : faible fuite de transfert (2 à 5 %), problématique en contexte très exigeant sur la QAI.
| Type | Rendement | Fuite de transfert | Coût |
|---|---|---|---|
| Plaques croisées | 70 – 85 % | < 1 % | € |
| Plaques contre-courant | 90 – 95 % | < 1 % | €€ |
| Rotatif | 80 – 85 % | 2 – 5 % | €€€ |
Les mesures in situ montrent souvent un écart significatif entre le rendement annoncé par le fabricant et la performance réelle. Les causes principales : encrassement des filtres, déséquilibre des débits, défauts d'étanchéité du réseau. D'où l'importance d'un entretien régulier et d'un équilibrage à la mise en service.
En mi-saison et en été, si l'air extérieur est plus frais que l'air intérieur, on veut introduire cet air frais sans le préchauffer dans l'échangeur. La fonction bypass est un système de clapets motorisés qui contourne l'échangeur lorsque deux conditions sont réunies : la température extérieure est inférieure à la température intérieure, et la température intérieure dépasse le seuil de confort (23-24 °C).
Dans le contexte du réchauffement climatique, le bypass est considéré comme indispensable sur toute installation neuve. Il permet de bénéficier du rafraîchissement naturel nocturne sans intervention manuelle des occupants.
Contrairement à la simple flux, la double flux fait passer l'air neuf à travers un filtre avant insufflation dans le logement. C'est un avantage sanitaire majeur, en particulier en milieu urbain. La classification des filtres suit la norme EN ISO 16890.
| Classe | Efficacité | Cible | Usage |
|---|---|---|---|
| Coarse 50 % | 50 % > 10 µm | Insectes, gros débris | Préfiltre |
| ePM10 50 % (M5) | 50 % > 1 µm | Pollens, poussières | Zone rurale |
| ePM2,5 65 % (F7) | 65 % > 0,4 µm | PM fines, suies | Logement urbain |
| ePM1 80 % (F9) | 80 % > 0,3 µm | PM ultrafines, NO₂ | Tertiaire sensible |
En logement, le standard recommandé est ePM2,5 65 % (ancienne classe F7). Ce niveau de filtration retient la majorité des particules fines d'origine extérieure (diesel, freinage, chauffage au bois) tout en maintenant des pertes de charge acceptables.
Sous environ -5 °C, la condensation qui se forme côté extrait peut geler et bloquer le fonctionnement de l'échangeur. Trois stratégies de prévention existent.
Préchauffage électrique
Une batterie électrique réchauffe l'air neuf juste avant l'échangeur pour empêcher le point de rosée d'être atteint côté extrait. Solution simple et fiable, mais consommatrice d'électricité aux pics de froid — typiquement 500 à 1 000 W pendant quelques heures par an.
Réduction du débit d'insufflation
Le régulateur réduit ou coupe le débit d'air neuf pour limiter le refroidissement de l'échangeur. Économique mais pénalisant pour la QAI, car le renouvellement d'air chute en dessous du minimum hygiénique pendant la durée de protection.
Puits canadien (échangeur géothermique)
Canalisation enterrée à 1,5-2 m de profondeur où la température du sol reste stable à 12-14 °C. L'air neuf est préchauffé naturellement avant d'atteindre l'échangeur, ce qui élimine tout risque de gel. Solution la plus performante mais aussi la plus coûteuse à installer.
Chaque conduit traversant un volume non chauffé est isolé par un manchon de 25 à 50 mm. Sans cette précaution, le bénéfice de la récupération de chaleur est annihilé par les déperditions du réseau lui-même.
Isolation des conduits
Tout conduit traversant un volume non chauffé (combles, garage, vide sanitaire) doit être isolé thermiquement. Épaisseur recommandée : manchon de 25 à 50 mm selon la zone climatique. Sans isolation, les pertes thermiques du réseau peuvent atteindre 30 à 50 % de l'énergie récupérée.
Acoustique
Trois sources de bruit à traiter : le caisson (vibrations mécaniques), la turbulence dans les conduits (vitesse excessive, coudes brusques), et la transmission entre pièces via le réseau. Solutions : silencieux en sortie du caisson, conduits acoustiques, rayons de courbure généreux (minimum 2 diamètres), vitesses modérées (< 3 m/s dans les conduits terminaux).
Accessibilité pour la maintenance
Le caisson doit rester accessible en permanence. Les filtres doivent pouvoir être changés sans outil et en moins de 5 minutes. En pratique, prévoir un espace libre de 60 cm minimum devant la trappe de visite.
- Bâtiment très performant (RE2020, BBC rénovation, passif) où le poste ventilation pèse lourd dans le bilan.
- Environnement urbain pollué : la filtration ePM2,5 65 % constitue un atout sanitaire décisif.
- Occupants sensibles (asthmatiques, allergiques, jeunes enfants) qui bénéficient directement de l'air filtré.
- Climat froid (zones H1/H2) où la récupération de chaleur est la plus rentable.
- Forte exigence acoustique (axes routiers, proximité aéroport) : les fenêtres restent fermées, la ventilation est silencieuse.
Les points essentiels du chapitre
- La double flux récupère 75 à 95 % de la chaleur de l'air extrait grâce à un échangeur thermique.
- Trois familles d'échangeurs : plaques croisées (70-85 %), plaques contre-courant (90-95 %), rotatif (80-85 %).
- Le bypass est indispensable pour la mi-saison et l'été ; la filtration ePM2,5 65 % (F7) est l'argument sanitaire majeur en milieu urbain.
- La rentabilité énergétique stricte est rarement atteinte : la double flux se justifie par le confort, la QAI et le silence.
- Mise en œuvre exigeante : isolation des conduits, équilibrage à ±10 %, traitement acoustique, accessibilité pour le changement des filtres.
- Échangeur thermique
- Dispositif transférant la chaleur entre deux flux d'air sans les mélanger.
- Rendement (EN 308)
- Rapport entre chaleur récupérée et maximum théorique, mesuré en conditions normalisées.
- Bypass
- Système de clapets contournant l'échangeur quand la récupération est inutile (été).
- ePM2,5 65 %
- Classe de filtre retenant 65 % des particules de diamètre supérieur à 0,4 µm (ancienne classe F7).
- Puits canadien
- Échangeur géothermique de surface préchauffant l'air neuf via un conduit enterré à 1,5-2 m.
- Enthalpique
- Se dit d'un échangeur récupérant à la fois la chaleur sensible et la chaleur latente (humidité).
- BAR-TH-125
- Fiche d'opération standardisée des CEE pour les VMC double flux.
Dimensionner une installation de ventilation, c’est traduire un débit réglementaire en un réseau physique de conduits, de bouches et de composants, puis vérifier que l’ensemble délivre effectivement ce débit le jour de la livraison. Ce chapitre détaille le calcul des débits, le choix des diamètres, les règles d’implantation, l’étanchéité du réseau et la mise en service.
À la fin de cette fiche, l’apprenant doit savoir :
- calculer les débits réglementaires d’un logement selon l’arrêté du 24 mars 1982 ;
- maîtriser le dimensionnement du réseau : diamètres, vitesses, pertes de charge ;
- connaître les règles d’implantation des composants (caisson, bouches, entrées d’air) ;
- comprendre la mise en service et la réception Promevent d’une installation.
Répartition par pièce de service
| Pièce | Débit minimum (m³/h) | Débit de pointe (m³/h) |
|---|---|---|
| Cuisine (T1) | 20 | 75 |
| Cuisine (T2 et plus) | 30 | 90 à 135 selon T |
| Salle de bains avec WC | 30 | — |
| Salle de bains sans WC | 15 | — |
| WC seul (1 cabinet) | 15 | — |
| Autre pièce de service | 15 | — |
Vérification et exemple chiffré
Une fois la répartition effectuée, la somme des débits minimaux des pièces techniques doit être au moins égale au débit total exigé. Si ce n’est pas le cas, on majore certains débits (généralement la cuisine ou la salle de bain).
Séjour + 3 chambres, avec 1 cuisine, 1 salle de bain, 1 WC.
Débit total exigé : 90 m³/h.
Cuisine 30 + SdB 30 + WC 15 = 75 m³/h → insuffisant.
On porte la cuisine à 45 m³/h : 45 + 30 + 15 = 90 m³/h.
Débit de pointe cuisine commandable : 120 m³/h.
Diamètres usuels
| Débit (m³/h) | Ø intérieur recommandé |
|---|---|
| ≤ 30 | 80 mm |
| 30 – 60 | 100 mm |
| 60 – 100 | 125 mm |
| 100 – 180 | 160 mm |
| 180 – 280 | 200 mm |
| 280 – 450 | 250 mm |
Pertes de charge
Les pertes de charge dépendent du diamètre, de la longueur, du nombre de coudes, des accessoires (clapets, silencieux, filtres) et de la rugosité interne. Elles s’expriment en pascals (Pa). Les installations problématiques dépassent souvent 200 Pa, parfois 400 Pa, avec un bruit de soufflerie permanent et une consommation électrique doublée.
Le caisson d’extraction
Le caisson se place dans un volume chauffé ou isolé, accessible sans démontage permanent (trappe de visite, gaine technique ouvrante), techniquement neutre (pas au-dessus d’un lit ou dans un séjour) et suspendu sur silentblocs. Emplacement idéal : gaine technique de palier en collectif, combles aménagés en maison individuelle. Les combles perdus non isolés sont à éviter, sauf à isoler intégralement le caisson et tous les conduits.
Entrées d’air (simple flux)
Implantées en partie haute des menuiseries des pièces principales, hors zones de courant d’air direct (lit, bureau, fauteuil). En zone bruyante, choisir des modèles acoustiques (30 à 39 dB d’isolement).
Bouches d’insufflation (double flux)
Éloignées de la zone de séjour permanent, direction horizontale vers le plafond pour un mélange progressif avec l’air ambiant.
Passages de transfert
| Débit à transférer (m³/h) | Section minimum (cm²) |
|---|---|
| ≤ 15 | 100 |
| 15 – 30 | 150 |
| 30 – 60 | 200 |
| 60 – 90 | 250 |
| > 90 | grille dédiée |
Le détalonnage des portes (1 à 2 cm) suffit généralement pour des débits unitaires inférieurs à 30 m³/h. Au-delà, prévoir une grille de transfert dans la porte ou la cloison.
L’étanchéité du réseau est l’un des facteurs déterminants de la performance d’une installation. Un réseau qui fuit oblige le ventilateur à fournir un débit supérieur au débit utile pour compenser les pertes : consommation accrue, bruit accru, moindre efficacité aux bouches.
Les raccords entre tronçons doivent être réalisés avec des manchons et joints spécifiques, complétés de bandes adhésives aluminium ou de mastic acrylique sur les jonctions difficiles. Les colliers de serrage à vis sans étanchéité sont à proscrire.
Les raccords entre tronçons utilisent des manchons à joint et des œillets d’étanchéité au passage des parois, garantissant la continuité de l’étanchéité du réseau.
Les bandes aluminium autoadhésives (type Sika MultiSeal) assurent l’étanchéité des jonctions entre conduits rigides. Elles résistent à la température et au vieillissement, contrairement au ruban adhésif standard qui se décolle en quelques années.
Étapes de la mise en service
- Vérification visuelle : tous les composants sont-ils présents, conformes et correctement installés ?
- Contrôle des entrées d’air : présence dans toutes les pièces principales, modules conformes, non obstruées.
- Démarrage du caisson et écoute du bruit ambiant.
- Mesure des débits aux bouches avec anémomètre ou cône de mesure homologué. Tolérance : ± 15 %.
- Réglage par ouverture des bouches ou position des registres.
- Vérification des grandes vitesses (commande cuisine).
- Documentation : remise du carnet d’entretien, des notices, références de filtres, contacts de maintenance.
Les contrôles Promevent sont réalisés par un opérateur qualifié et équipé d’instruments étalonnés. Les certifications NF Habitat HQE et la labellisation Effinergie imposent ce contrôle à la livraison.
- Boucher les entrées d’air en cours de chantier pour les protéger de la poussière, et oublier de les rouvrir à la livraison. L’occupant ne comprend pas à quoi servent ces grilles et les laisse en l’état.
- Passer un conduit dans un coffre de volet roulant ou une autre cavité non isolée : condensation et écoulement dès la première vague de froid.
- Inverser le sens d’une bouche d’extraction lors du remplacement. Les bouches autoréglables ont un sens de pose repéré par une flèche, souvent ignorée.
- Oublier le siphon sur le conduit d’évacuation des condensats d’une VMC double flux, laissant l’air vicié remonter par le tuyau ou les condensats stagner.
- Ne pas former l’occupant : sans explication, il ignore qu’il faut changer les filtres, ne pas obstruer les entrées d’air et signaler tout bruit anormal. La VMC se dégrade silencieusement pendant des années.
« Aussi bien dimensionnée soit-elle, une VMC qui n’a pas été contrôlée à la livraison n’est pas une VMC. C’est un espoir. »
Les points essentiels du chapitre
- Le calcul des débits repose sur l’arrêté du 24 mars 1982 : débit total selon le nombre de pièces principales, répartition entre pièces techniques.
- Les diamètres de conduits doivent respecter une vitesse d’air ≤ 4 m/s sur le collecteur. Conduits rigides, étanches, classe A minimum.
- Le caisson se place en zone chauffée ou isolée, accessible, suspendu sur silentblocs.
- Mise en service Promevent obligatoire : vérification visuelle + mesures de débit. 68 % des installations contrôlées présentent un défaut majeur.
- Former l’occupant est une étape souvent négligée mais essentielle à la durée de vie du système.
- Débit hygiénique
- Quantité d’air neuf nécessaire pour maintenir les polluants sous des seuils acceptables, en m³/h.
- Perte de charge
- Résistance à l’écoulement de l’air dans un conduit, exprimée en pascals (Pa).
- Silentbloc
- Pièce anti-vibratile entre le caisson et son support, qui évite la transmission du bruit aux parois.
- Détalonnage
- Espace libre sous une porte intérieure (1 à 2 cm), permettant le passage de l’air entre pièces.
- Promevent
- Protocole national de vérification des installations de ventilation (CEREMA, 2017).
- Classe A / EN 12237
- Niveau minimal d’étanchéité des conduits exigé par le label Promevent en logement.
La ventilation mécanique fonctionne 24 heures sur 24, 365 jours par an. Pourtant, à la différence d’une chaudière, elle est rarement entretenue. Ce chapitre explique pourquoi la maintenance conditionne la durée de vie du système, détaille le plan d’entretien type, recense les pathologies les plus fréquentes et rappelle le rôle déterminant de l’occupant.
À la fin de cette fiche, l’apprenant doit savoir :
- comprendre pourquoi la maintenance est un facteur critique de durée de vie ;
- connaître les opérations d’entretien courantes et leur fréquence ;
- savoir diagnostiquer les pathologies les plus fréquentes ;
- conseiller utilement les occupants et les gestionnaires.
Une VMC est, dans l’imaginaire collectif, un appareil « qu’on installe et qu’on oublie ». C’est cette représentation qui explique l’état souvent dégradé du parc installé. Une étude CEREMA/ANAH (2018) sur 250 logements rénovés a montré que plus de 70 % des installations contrôlées étaient hors d’état de fonctionnement nominal : caisson encrassé, bouches obstruées, entrées d’air bouchées, filtres jamais remplacés, conduits perforés.
Cette dégradation silencieuse a deux conséquences. La première est sanitaire : l’air vicié n’est plus évacué, l’humidité s’installe, les moisissures apparaissent. La seconde est énergétique : un caisson encrassé consomme jusqu’à 2× plus d’électricité pour un débit dégradé.
Consommation électrique annuelle d’une VMC simple flux non entretenue : > 120 kWh contre 40 à 60 kWh entretenue (AICVF). Différence sur 20 ans : 800 à 1 200 € d’électricité gaspillée, à comparer à un coût de maintenance préventive de 100 à 200 € par an.
Nettoyage des bouches
Opération la plus simple et la plus efficace, à la portée de l’occupant. Démontage quart de tour, nettoyage à l’eau savonneuse, séchage, repose. Sans cet entretien, le débit peut baisser de 50 % en quelques années.
Remplacement des filtres (double flux)
Consommables à durée de vie limitée. L’encrassement augmente la perte de charge, oblige le ventilateur à monter en régime, augmente le bruit et la consommation électrique, réduit la durée de vie du moteur.
Nettoyage de l’échangeur
Une fois par an : démontage, rinçage à l’eau tiède, séchage, remise en place. Conditionne directement le rendement de récupération.
Vérification des conduits
Inspection visuelle tous les 5 à 10 ans : déchirures, perforations, écrasements, détériorations des joints, accumulation de graisse. Un nettoyage intérieur par hérisson rotatif est recommandé tous les 10 ans environ.
Une pathologie de ventilation se traduit par des symptômes que l’occupant peut percevoir, ou par des conséquences indirectes (humidité, moisissures, surconsommation). Le professionnel doit savoir remonter du symptôme à la cause pour proposer l’action corrective adaptée.
| Symptôme | Causes principales | Actions correctives |
|---|---|---|
| Odeurs persistantes (cuisine, WC remontant vers les chambres) | Caisson en panne, bouches obstruées, inversion de bouche, réseau perforé, détalonnages bouchés | Vérifier le caisson, nettoyer les bouches, contrôler les passages de transfert |
| Condensation sur les fenêtres en hiver | Sous-ventilation, entrées d’air bouchées, pont thermique, surpopulation | Restaurer la ventilation, réouvrir les entrées d’air, traiter les ponts thermiques |
| Courant d’air froid à la fenêtre | Entrée d’air mal positionnée, autoréglable trop ouvert, VMC surdimensionnée | Entrées acoustiques avec déflecteur, passage en double flux |
| Bruit permanent de soufflerie | Caisson mal suspendu, conduits trop fins, filtres encrassés, ventilateur déséquilibré | Silentblocs, silencieux, nettoyage, revoir le tracé |
| Moisissures en salle de bain | Sous-ventilation, détalonnage insuffisant, pont thermique, surpopulation | Restaurer la ventilation, assurer les passages de transfert, traiter le pont |
| Débit décroissant au fil du temps | Encrassement progressif, filtres jamais changés, affaissement des conduits souples | Nettoyer l’ensemble, remplacer les filtres, vérifier le tracé |
Un carnet d’entretien doit être remis au maître d’ouvrage à la livraison et conservé toute la vie du système. Il contient les plans du réseau, les fiches techniques des matériels, les références exactes des consommables (filtres, joints), la procédure d’entretien courant, les coordonnées du mainteneur et un journal d’interventions.
En logement individuel, ce carnet est souvent perdu ou jeté avec les déchets de chantier. En collectif, il est intégré au dossier technique de l’immeuble et transmis au syndic.
Plusieurs grandes copropriétés ont mis en place des contrats d’entretien VMC mutualisés à l’échelle de l’immeuble, sur le modèle des contrats chaudière. Le coût annuel par logement est faible (15 à 30 €) et garantit une intervention régulière sur les bouches communes, le caisson de toiture et les conduits collectifs.
Toute installation de ventilation, aussi bien conçue soit-elle, dépend en dernier ressort de la bonne compréhension par l’occupant de son rôle et de ses enjeux. Plusieurs habitudes simples doivent être inculquées dès la livraison.
Ne jamais boucher les entrées d’air ni les bouches
C’est l’erreur la plus fréquente en pratique. Un autocollant sur chaque entrée d’air, expliquant qu’elle ne doit jamais être recouverte, est une parade simple mais efficace.
Aérer manuellement en complément
Ouvrir les fenêtres dix minutes le matin permet d’évacuer rapidement les polluants accumulés pendant la nuit, sans désamorcer la VMC. Particulièrement utile dans les chambres et après une activité émettrice (peinture, cuisine, ménage).
Signaler tout bruit ou symptôme inhabituel
Une VMC qui se met à siffler, à vibrer ou à émettre une odeur signale un problème qui se résout d’autant mieux qu’il est détecté tôt.
Faire entretenir périodiquement
Comme on le ferait pour une chaudière. Le coût est modeste comparé aux économies d’énergie et aux problèmes sanitaires évités.
« Une VMC bien entretenue dure 20 ans ; une VMC abandonnée dure 5 ans. » L’écart se joue presque exclusivement sur la maintenance et l’usage par l’occupant.
Les points essentiels du chapitre
- La maintenance est le facteur critique de durée de vie : 70 % des VMC contrôlées en logement existant sont hors d’état de marche nominal.
- Plan d’entretien : bouches trimestriel, entrées d’air semestriel, filtres double flux annuel, débits tous les 2-3 ans.
- Six pathologies récurrentes : odeurs, condensation, courants d’air, bruit, moisissures, baisse de débit.
- Le carnet d’entretien est un outil essentiel à conserver toute la vie du système.
- La sensibilisation de l’occupant est aussi déterminante que la qualité de la mise en œuvre initiale.
- Maintenance préventive
- Ensemble des opérations planifiées destinées à maintenir l’installation en état de fonctionnement nominal.
- Témoin d’encrassement
- Sonde de pression différentielle signalant la nécessité de remplacer les filtres.
- Hérisson rotatif
- Outil de nettoyage intérieur des conduits aérauliques, entraîné par une perceuse.
- Carnet d’entretien
- Document regroup. plans, fiches techniques, références des consommables et journal d’interventions.
- Sous-ventilation
- Débit d’air renouvelé inférieur au débit réglementaire, cause fréquente de condensation et de moisissures.
- Transmission solidienne
- Propagation du bruit par les structures du bâtiment (murs, dalles) plutôt que par l’air.
1. Type d\'opération
2. Localisation et secteur
3. Surfaces et dimensions
4. Mixité sociale
5. Prescriptions localisées
6. Réseaux
7. Performances énergétiques
8. Espaces libres (UG.4)
UG.1 — Occupations et utilisations du sol
| Règle | Exigence | Conforme ? | Note |
|---|---|---|---|
| Constructions industriellesUG.1.1 §1°a | Interdites : installations classées Seveso III et assimilées. Sont également interdits les dépôts de ferraille, matériaux de démolition et véhicules hors d\'usage. | ||
| Entrepôts logistiquesUG.1.1 §1°b | Interdits sauf s\'ils relèvent de la logistique urbaine liée à un périmètre d\'équipement ou mentionnés par une OAP. | ||
| Dépôts véhiculesUG.1.1 §1°c | Interdits : dépôts de véhicules désaffectés, de ferraille, de matériaux de récupération et de déchets de toute nature. | ||
| Campings / caravanesUG.1.1 §1°d | Interdits : terrains de camping, stationnement de caravanes, habitations légères de loisirs (HLL) hors terrain aménagé. | ||
| CarrièresUG.1.1 §1°e | Interdites : ouverture et exploitation de carrières. | ||
| Parcs d\'attractionUG.1.1 §1°f | Interdits : parcs d\'attraction et aires de jeux permanentes à vocation commerciale. | ||
| Affouillement/exhaussementUG.1.1 §2° | Affouillements et exhaussements du sol interdits sauf s\'ils sont directement nécessaires à la réalisation de travaux de construction ou d\'aménagement autorisés, à la prévention des risques, ou à un aménagement paysager. |
| Règle | Exigence | Conforme ? | Note |
|---|---|---|---|
| Hébergement hôtelierUG.1.2 §1° | Autorisé sous conditions : maintien capacité hôtelière du secteur. Changement de destination interdit si perte nette de capacité hôtelière sauf zone non déficitaire. | ||
| Commerce > 400 m²UG.1.2 §2° | Commerce de détail et restauration > 400 m² SDP : insertion urbaine démontrée, desserte TC satisfaisante, gestion livraisons, absence de nuisances disproportionnées. | ||
| Logement < 9 m²UG.1.2 §3° | Interdit : création de logements dont la SDP est inférieure à 9 m² (hors résidences étudiantes et foyers). | ||
| RDC voies marchandesUG.1.2 §4° | Voies commerciales protégées (docs graphiques) : maintien obligatoire en RDC de locaux d\'artisanat, commerce de détail, restauration ou activité de service avec accueil clientèle. |
| Règle | Exigence | Statut | Conforme ? | Note |
|---|---|---|---|---|
| SPEUG.1.4.1 | Secteur de Préservation de l\'Emploi : toute opération entraînant la suppression de locaux à destination Bureau, Commerce, Artisanat, Industrie ou Entrepôt au profit de l\'Habitation est interdite, sauf si les locaux sont impropres à l\'activité économique et qu\'un diagnostic le démontre. | — | ||
| SPHUG.1.4.2 | Secteur de Préservation de l\'Habitation : toute opération entraînant la suppression de logements au profit d\'une autre destination est interdite, sauf pour les CINASPIC et locaux d\'artisanat ou commerce de détail en RDC. | — |
| Zone | Seuil | Obligation | Statut | Conforme ? | Note |
|---|---|---|---|---|---|
| Non déficitaireUG.1.5 §1°a | ≥ 800 m² SDP Habitation | 30 % min. de la SDP Habitation en Bail Réel Solidaire (BRS). Seuil apprécié à l\'échelle de l\'opération. | — | ||
| DéficitaireUG.1.5 §1°b | ≥ 800 m² SDP Habitation | 35 % min. en logement locatif social dont au moins 50% PLAI/PLUS. Seuil apprécié à l\'échelle de l\'opération. | — | ||
| Hyper-déficitaireUG.1.5 §1°c | ≥ 800 m² SDP Habitation | 50 % min. : 30 % en PLAI/PLUS + 20 % en BRS. Démolition-reconstruction incluse. | — | ||
| Compensation bur.UG.1.5 §2° | ≥ 1 000 m² SDP Bureau | Compensation par création de SDP logement social proportionnelle. Ratio défini par secteur. | — |
UG.2 — Qualité architecturale
| Règle | Exigence | Conforme ? | Note |
|---|---|---|---|
| Insertion tissu urbainUG.2.1.1 §1° | Les constructions doivent s\'intégrer au tissu urbain existant par leur volumétrie, implantation, rythme des façades, couleurs et matériaux. Elles doivent contribuer à la qualité architecturale, urbaine et paysagère. | ||
| Façades / couverturesUG.2.1.1 §2° | Qualité des matériaux pérennes, aspect soigné, traitement homogène des façades sur rue et cour. Matériaux d\'isolation compatibles avec le patrimoine. Interdiction de matériaux réfléchissants agressifs. | ||
| Traitement RDCUG.2.1.2 | RDC sur voie publique : hauteur libre ≥ 3,20 m pour accueil activités. Animation des linéaires par vitrines, accès identifiables, limitation des façades aveugles à 5 m continus max. | ||
| ClôturesUG.2.1.3 | Clôtures sur voie : H max 2,10 m. Clôtures en limite séparative : H max 3,20 m. Mur bahut max 0,60 m surmonté d\'une grille ou clôture ajourée. Prise en compte de la végétalisation. | ||
| Antennes / techniqueUG.2.1.1 §3° | Éléments techniques (antennes, VMC, machinerie) : intégrés architecturalement, non visibles depuis l\'espace public, regroupés et dissimulés. Climatisation extérieure invisible ou habillée. | ||
| ITEUG.2.3.2 | Isolation Thermique par l\'Extérieur (ITE) : autorisée en saillie max 0,20 m sur l\'alignement. Interdite sur bâtiments protégés, VEC, et éléments protégés. Traitement architectural soigné obligatoire. |
| Protection | Exigence | Statut | Conforme ? | Note |
|---|---|---|---|---|
| Bâtiment protégéUG.2.3.1 §1° | Bâtiment identifié aux docs graphiques (art. L.151-19 C.U.) : conservation obligatoire, démolition interdite sauf péril imminent ou projet d\'intérêt général. Toute intervention doit respecter les caractéristiques architecturales, historiques et patrimoniales. | — | ||
| VECUG.2.3.1 §2° | Volume Existant à Conserver : conservation de la volumétrie, des caractéristiques architecturales essentielles (couverture, modénature, composition). Surélévation limitée au strict nécessaire. | — | ||
| Éléments protégésUG.2.3.1 §3° | Éléments protégés identifiés aux docs graphiques (ferronneries, décors, escaliers, cours, jardins…) : conservation et restauration obligatoires. Toute altération soumise à autorisation spéciale. | — |
| Règle | Exigence | Conforme ? | Note |
|---|---|---|---|
| Stores / bannesUG.2.1.5 §1° | Stores et bannes : toile unie, couleur coordonnée avec la façade. Retrait ≥ 0,50 m des limites séparatives. Garde au sol ≥ 2,50 m. Interdits si masquent des éléments architecturaux. | ||
| EnseignesUG.2.1.5 §2° | Enseignes commerciales : conformes au Règlement Local de Publicité (RLP). Enseigne en drapeau limitée à 0,80 m de saillie. Enseigne bandeau ne dépassant pas le linteau ni les limites de la baie. | ||
| TerrassesUG.2.1.5 §3° | Terrasses et étalages : conformes au règlement des étalages et terrasses de la Ville de Paris. Emprise, mobilier, couleurs et matériaux soumis à autorisation. |
UG.3 — Implantation, hauteur, volumétrie
| Règle | Exigence | Conforme ? | Note |
|---|---|---|---|
| AlignementUG.3.1.1 §1° | Implantation à l\'alignement ou à la limite d\'emprise publique obligatoire en bande de constructibilité principale (20 m depuis la voie). Exceptions : recul imposé par docs graphiques, continuité des retraits existants, espace végétalisé à rez-de-chaussée. | ||
| RetraitUG.3.1.1 §2° | Au-delà de la bande principale de 20 m : retrait libre mais respect du gabarit-enveloppe en limites séparatives. Constructions ne doivent pas créer de rupture dans la continuité du front bâti. |
| Filet | H max | Niveaux | Conforme ? | Note |
|---|---|---|---|---|
| Blanc | P×1,25 (max 28) | Variable | ||
| Violet clair | 25 m | R+6/R+7 | ||
| Violet foncé | 28 m | R+7/R+8 | ||
| Jaune | 31 m | R+8/R+9 | ||
| Orange | 37 m | R+10/R+11 | ||
| Rose | 50 m | R+14/R+16 |
| Règle | Exigence | Conforme ? | Note |
|---|---|---|---|
| Bande 20 mUG.3.2.5 §1° | Bande de constructibilité principale (0-20 m depuis la voie) : implantation en limite séparative autorisée. H max = gabarit séparatif H = 15 m + retrait ≥ (H-15)/2 au-delà. Retrait min 3 m de toute limite si baies. | ||
| Au-delà bandeUG.3.2.5 §2° | Au-delà de la bande principale : H max 15 m en limite ; au-delà, retrait r = (H-15)/2, min 3 m. Vis-à-vis entre façades comportant baies : 6 m min sur même terrain. | ||
| Vis-à-visUG.3.2.6 | Distance minimale de 6 m entre façades comportant des baies constituant l\'éclairement premier de pièces principales, portée à 8 m si façades en vis-à-vis comportent des logements. Baie = ouverture ≥ 0,60 m de large. |
| Bonus +3 m si ≥ 50% habitation | Conforme ? | Note |
|---|---|---|
| Surélévation d\'immeuble à destination ≥ 50% Habitation : bonus H = +3 m au-delà du gabarit-enveloppe voie (H = P + 25%×P + 3, max 28+3 = 31 m). Retrait complémentaire r = 25%×P + 3 m. Construction neuve ou restructuration lourde à ≥ 50% habitation : même bonus. |
UG.4 — Espaces libres et végétalisation
| ST (terrain) | Hors secteur renforcé | Secteur renforcé |
|---|---|---|
| < 150 m² | — | — |
| 150 à 1 000 m² | ST × 0,26 − 10 | ST × 0,32 − 20 |
| 1 000 à 3 500 m² | ST × 0,67 − 420 | ST × 0,72 − 420 |
| ≥ 3 500 m² | ST × 0,55 | ST × 0,60 |
| Comp. | Surface | Coeff. | Pondéré | Note |
|---|---|---|---|---|
| S1 | — | ×10 | — | |
| S2 | — | ×8 | — | |
| S3 | — | ×6 | — | |
| S4 | — | ×4 | — | |
| S5 | — | ×2 | — |
UG.5 — Performances énergétiques
| Indicateur | Exigence | Valeur | Résultat | Note |
|---|---|---|---|---|
| BbioUG.5.1.2 | Bbio ≤ Bbio">Bbio_max × 0,85 (logement collectif) ou × 0,95 (bureau). Renforcement de -15% pour logement, -5% pour bureau par rapport à la RE 2020. | — | — | |
| DHUG.5.1.3 | DH ≤ 625 °C.h (logement collectif, sauf Hébergement : 750 °C.h) ou ≤ 500 °C.h (bureau). Protection solaire obligatoire sur parties vitrées exposées. Baies ouvrantes obligatoires. | — | — | |
| Cep,nr -10% logement, -20% bureau. Intégration ENR obligatoire.">Cep,nrUG.5.1.4 | Cep,nr ≤ Cep,nr">Cep,nr_max × 0,90 (logement) ou × 0,80 (bureau). Renforcement de -10% logement, -20% bureau. Intégration ENR obligatoire (panneaux solaires, géothermie, PAC…). | — | — | |
| IcUG.5.1.5 | Ic_construction ≤ 580 kgCO₂eq/m² (logement collectif) ou ≤ 710 kgCO₂eq/m² (bureau). Matériaux réemploi, recyclés, biosourcés privilégiés. | — | — |
| Indicateur | Exigence | Conforme ? | Note |
|---|---|---|---|
| Isolation toitureUG.5.2.2 §T | Toiture et terrasses : résistance thermique R ≥ 10 m².K/W minimum. Épaisseur substrat hors couche drainante. Matériaux compatibles avec l\'existant. | ||
| Isolation façadesUG.5.2.2 §F | Façades et murs donnant sur l\'extérieur : R ≥ 5 m².K/W minimum. ITE autorisée en saillie ≤ 0,20 m sauf patrimoine protégé. Matériaux compatibles avec l\'existant. | ||
| Fenêtres log.UG.5.2.2 §V1 | Fenêtres verticales logement : Uw ≤ 1,4 W/m².K. Menuiseries compatibles avec le caractère architectural. Double vitrage performant minimum. | ||
| Fenêtres bur.UG.5.2.2 §V2 | Fenêtres de toiture : Uw ≤ 1,5 W/m².K. Vitrages performants obligatoires. | ||
| RTex log.UG.5.2.2 §1° | Logement : Cep ≤ 104 kWhep/m².an (chauffage toutes énergies). Chauffage électrique sans alternative : max 160 kWhep/m².an. Tolérance +10% pour collectif > 80% T1. | ||
| Cep,ref au sens de la RTex globale.">RTex bur.UG.5.2.2 §2° | Bureau : Cep ≤ 60 % de la consommation conventionnelle de référence (Cep,ref) au sens de la RTex globale. Performance intégrant chauffage, refroidissement, ECS, éclairage, ventilation. | ||
| VentilationUG.5.2.1 §2° | Dispositifs de ventilation naturelle existants (courettes, baies sur cours, conduits, souches de cheminées, locaux traversants) : conservation ou adaptation obligatoire. En cas d\'impossibilité, dispositifs produisant des effets équivalents. | ||
| ÉtanchéitéUG.5.2.2 §3° | Ravalement de façade (art. R.173-4 et R.173-5 C.U.) : obligation d\'amélioration des performances énergétiques. Valeurs cibles par élément : toiture R≥10, façade R≥5, fenêtres Uw selon type. |
UG.6 — Réseaux et déchets
| Règle | Exigence | Conforme ? | Note |
|---|---|---|---|
| Eau potableUG.6.1.1 | Raccordement au réseau de distribution d\'eau potable obligatoire pour toute construction. Branchement conforme aux prescriptions du gestionnaire. | ||
| Eaux usées dom.UG.6.1.2 §1° | Raccordement au réseau d\'assainissement collectif de Paris par branchement particulier conforme au règlement d\'assainissement et au zonage d\'assainissement de Paris. | ||
| Eaux usées non dom.UG.6.1.2 §2° | Rejet d\'eaux usées non domestiques (exhaure, industrielles…) interdit au réseau d\'assainissement sauf autorisation de déversement conforme à l\'art. R.1331-2 du code de la santé publique. | ||
| EP rétentionUG.6.1.2 §3°a | Eaux pluviales courantes : mesures de limitation du débit de rejet au réseau. Gestion à la source, à ciel ouvert, par écoulement gravitaire et infiltration privilégiée. Prise en compte de la capacité d\'absorption et de rétention du terrain. | ||
| EP abattementUG.6.1.2 §3°b | Eaux pluviales exceptionnelles : dispositifs de rétention des pluies fortes intégrés, privilégiant les dispositifs à ciel ouvert autonomes ou intégrés à un aménagement paysager. | ||
| Récup. EPUG.6.1.2 §3°c | Récupération des eaux pluviales en vue de leur réutilisation (arrosage, nettoyage, WC…) : recommandée pour toutes les opérations. Dispositif dimensionné selon l\'emprise au sol et la pluviométrie locale. |
| Règle | Exigence | Conforme ? | Note |
|---|---|---|---|
| RaccordementUG.6.1.3 | Raccordement obligatoire aux réseaux de chaleur et/ou de froid si le terrain est situé dans un périmètre de raccordement (partie 1, section D.7 du règlement). Les constructions non assujetties peuvent volontairement se raccorder. Géothermie autorisée. | ||
| Électricité/GazUG.6.1.3 §2° | Raccordement aux réseaux publics d\'électricité et de gaz selon les besoins de la construction. Réseaux enterrés obligatoires pour les nouvelles dessertes. |
| Règle | Exigence | Statut | Conforme ? | Note |
|---|---|---|---|---|
| Local poubellesUG.6.2.1 | Constructions neuves : locaux de stockage des déchets ménagers et assimilés (déchets valorisables, collecte séparée et sélective, ordures résiduelles) suffisamment grands pour recevoir et manipuler tous les conteneurs. Accessibles facilement depuis l\'espace public et les parties communes, prioritairement en RDC. | — | ||
| Tri sélectifUG.6.2.1 §2° | Organisation de la collecte séparée et du tri sélectif intégrée à la conception des locaux. Dimensionnement adapté au nombre d\'utilisateurs, à la configuration des parties communes et aux flux de collecte. | — | ||
| CompostageUG.6.2.2 | Existant : locaux de stockage à agrandir ou améliorer si nécessaire (restructurations lourdes) ou à créer s\'ils n\'existent pas. Réhabilitations/extensions/surélévations : amélioration recherchée si configuration le permet. | — |
UG.7 — Stationnement
| Exception | Condition | Conforme ? | Note |
|---|---|---|---|
| PMRUG.7.2.1 §1° | Places PMR : conformes au code de la construction et de l\'habitation. Normes d\'accessibilité aux personnes à mobilité réduite et installations nécessaires aux véhicules électriques/hybrides rechargeables. | ||
| AutopartageUG.7.2.1 §1°b | Places d\'autopartage avec convention : autorisées. Affectation à un autre usage des places excédentaires par rapport aux normes doit être recherchée. | ||
| OpérationnelsUG.7.2.1 §1°c | Véhicules opérationnels : besoins démontrés liés à la nature de l\'activité (livraisons, interventions d\'urgence…). Justification par le pétitionnaire. | ||
| SocialUG.7.2.1 §2°a | Logement social : max 0,5 place par logement. Arrondissements 1er-11e : 1 place pour 1 000 m² SDP créée. Arrondissements 12e-20e : 1 place pour 500 m² SDP créée. |
| Destination | Norme | Min. | Note |
|---|---|---|---|
| Logement | ≥ 7% SDP ou 1 place/25 m² SDP, minimum 2 places/logement. 50% en locaux clos couverts sécurisés hors espaces libres de construction. | 2 pl/log. | |
| Bureau | ≥ 7% SDP ou 1 place/20 m² SDP. Locaux et bureaux accueillant du public des administrations : mêmes normes. | +15% visiteurs | |
| Commerce | Artisanat, commerce, restauration, activités de service > 500 m² SDP : locaux vélos répondant aux besoins des membres du personnel et usagers. Minimum 1 place/10 employés. | 2 pl min | |
| Hôtelier | Hôtels : ≥ 5 m²/10 chambres. Hébergement (résidences universitaires, foyers) : 1 place/chambre min. + besoins personnel. | 2 pl min |
| Commerce/activité > 500 m² | Conforme ? | Note |
|---|---|---|
| Aire de livraison et de dépose obligatoire pour : Entrepôt (toute SDP) ; Artisanat, commerce, restauration, industrie, locaux techniques (SDP > 500 m² sur le terrain) ; Bureau et locaux accueillant du public (SDP > 2 500 m²) ; Hôtel > 100 chambres hors secteur d\'interdiction de circulation. Dimensions et accès adaptés à la destination, hauteur libre ≥ 4 m. |
UG.8 — Critères qualité renforcée
3 critères min. de 2 thématiques différentes.
Thématique 1 : Biodiversité
| N° | Critère | Seuil | Atteint ? | Note |
|---|---|---|---|---|
| C1 | SELC +5% | SELC ≥ SELC_min + 5% de la surface du terrain (neuf/extension). Restructurations lourdes/surélévations : espaces libres de pleine terre augmentés de 5% par rapport à la surface initiale, min 10 m². | ||
| C2 | IVB renforcé | IVB ≥ valeurs renforcées : neuf hors secteur 3,5, neuf secteur renforcé 4,5 ; restructurations hors secteur 2, secteur renforcé 3. | ||
| C3 | Gestion EP | Récupération eaux de pluie : V_EP ≥ S_E × 12 L/m² (neuf/extension) ou V_EP ≥ S_E × 8 L/m² (restructurations lourdes/surélévations). Réutilisation pour alimentation sanitaires et entretien espaces collectifs. |
Thématique 2 : Programmation
| N° | Critère | Seuil | Atteint ? | Note |
|---|---|---|---|---|
| C4 | Mixité sociale + | Mixité sociale renforcée : pourcentage logement social supérieur de 5 points aux seuils UG.1.5. Zone non déficitaire → 35% BRS ; zone déficitaire → 40% locatif social ; zone hyper-déficitaire → 55%. | ||
| C5 | Diversité fonctions | Diversité des fonctions urbaines : part SDP de sous-destinations contribuant à la diversité (CINASPIC, activités productives, agriculture urbaine, logistique liée OAP…) ≥ 20% de la SDP totale. | ||
| C6 | Animation RDC | Animation RDC : part SDP de locaux en RDC dans la bande de constructibilité principale relevant de sous-destinations d\'animation (artisanat, commerce, restauration, activité service clientèle) ≥ 50% SDP RDC de la construction. |
Thématique 3 : Énergie
| N° | Critère | Seuil | Atteint ? | Note |
|---|---|---|---|---|
| C7 | Bbio renforcé | Bbio renforcé : performances Bbio renforcées de -20% (logement collectif), -10% (bureau), -5% (autres) par rapport à Bbio_max RE 2020. | ||
| C8 | DH renforcé | Confort d\'été renforcé : DH ≤ 563 °C.h (logement, sauf Hébergement ≤ 675 °C.h), ≤ 450 °C.h (bureau), ou RE 2020 -50% (autres). Restructurations lourdes : amélioration du confort d\'été par raccordement froid urbain ou dispositifs favorables (hors clim. et PAC réversibles). | ||
| C9 | Ic renforcé | Ic renforcé : Ic_construction ≤ 551 kgCO₂eq/m² (logement collectif), ≤ 675 kgCO₂eq/m² (bureau), ou RE 2020 -5% (autres). Restructurations lourdes : 20% des places de stationnement initiales supprimées ou transformées en faveur de mobilités décarbonées. |
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